ANNEE 2007
Et Dix de Der pour URBANOWSKI
A la fin de cet article, vous trouverez "Et Dix de Der pour URBANOWSKI" illustré de plus de 80 photos.
Comme chaque année, les concurrents investissent l’hôtel de ville de NEUILLY-SUR-MARNE dès 9h30. Les visages sont souriants mais tendus à l’idée de l’effort qu’ils accompliront dès le soir même. Le fait de les croiser dans les couloirs me permet d’échanger avec eux quelques mots. Bien souvent des banalités, "tu vas bien", tu es en forme", "tu as trouvé tous tes équipiers" etc… Mais ce premier contact me rassure sur leur état de forme. Je sais à ce moment que nous allons vivre un beau Colmar.
Tour à tour, je me déplace vers les différents stands de cette visite administrative, sans ordre précis, je vais voir le trésorier, le médecin, le podologue, puis je retourne à la cafétéria transformée en grand hall où plusieurs personnes distribuent des documents, des vêtements, des casquettes, et des produits divers. Autour de chaque équipe je ressens un mélange d’inquiètude et d’exitation.
14h00 : c’est au tour des enfants de marcher en guise de prologue, toutes les associations sportives et culturelles, les centres de loisirs, les clubs sportifs sont présents pour faire marcher leurs bambins. Les judokas succèdent aux rugbymens, les petits ont confectionné eux même leur dossard, les plus grands assurent plusieurs tours sans s’arrêter... Quel plaisir de voir autant d’enfants pratiquer notre sport dans des styles différents mais avec le même enthousiasme. Merci à Michel MEHEUST et à Jean-Marie VENIEL d’insister pour que cet après-midi récréatif soit maintenu.
18h10 : Guy LEGRAND prend la micro pour présenter l’épreuve et les concurrents. Dans l’ordre décroissant des numéros de dossards, il appelle tour à tour les participants de la catégorie promotion, les féminines puis les élites. Les spectateurs nourrissent leurs applaudissements pour encourager particulièrement Sylviane et Kora qui se lancent dans la grande aventure, mais l’ovation monte en puissance à l’appel du podium de l’édition 2006. David REGY, 1er français l’an dernier, puis le local, Alexeï RODIONOV vainqueur en l’an 2000 et enfin celui qui a remporté 9 fois cette compétition, le Polonais Grégor-Adam URBANOWSKI.
18h50 : Nous sommes dans les temps pour assister au départ fictif de nos marcheurs accompagnés de quelques enfants de la ville. Après une petite boucle de 300 mètres environ, seuls les marcheurs se retrouvent sur la ligne de départ. Monsieur Jacques MAHEAS le sénateur-maire coupe le ruban et le coup de pistolet libére nos valeureux sportifs. Les motards ouvrent la route et les marcheurs vont enfin laisser exprimer leur talent.
19h05 : Une foule répartie des deux côtés de la chaussée encadre le peloton dans un tonnerre d’applaudissements et de "vas-y". Un virage à droite et les voici sur le pont en direction de la côte de NOISY.
Pour moi, c’est toujours un plaisir d’ouvrir la route alors que des centaines de personnes attendent les premiers concurrents.
Cette année, en effet, tout de suite après le départ, je me rends à la Mairie de NOISY-LE-GRAND où le député-maire, Michel PAJON nous attend pour le passage des marcheurs. Guy LEGRAND assure les commentaires et j’apporte les précisions concernant les changements de l’édition 2007. Nous échangeons quelques mots et l’adjoint aux sports ainsi que quelques élus nous questionnent et font un parallèle avec les athlètes qui vont venir au meeting de la ville prévu le 12 juin. Mais, les comparaisons sont impossibles, car une sprinteuse invitée pour courir le 100m demande 10 000 euros rien que pour sa participation ; sachant qu’il faut 8 coureuses pour une épreuve, et que le meeting dure 2 heures avec plusieurs compétitions dans la soirée. Je calcule rapidement le budget pour monter un tel évènement. Je me perds dans l’addition des zéros et des euros quand je suis stoppé dans mes pensées par David REGY qui passe devant nous.
Il est souriant et son pas est décidé. Je me dis que je me suis peut-être trompé sur son état de forme et qu’il est certainement capable de rééditer son exploit de l’an passé qui l’avait vu mener durant la première nuit. Alexeï RODIONOV le suit à quelques mètres et je vois dans son regard qu’il est costaud, cette année, il ne lâchera rien. Je suis étonné de voir Jean-Paul SPIESER, Kora BOUFFLERT et Sylviane VARIN, tous trois partis trop vite à mon avis.
Plusieurs groupes se sont formés en 5 kilomètres et URBANOWSKI joue de prudence en se mélangeant aux promotions et à certaines féminines. Je sens dans l’allure et le regard des athlètes que la pression de la journée du départ est retombée, la course va enfin pouvoir démarrer. Le peloton est assez groupé, quelques véhicules officiels sont bloqués derrière, mais quelques minutes après leur passage, la place se vide de son public. Nous ne restons que quelques uns pour un pot de l’amitié sincère et convivial.
Je salue le député-maire, et sans me faire piéger par la circulation et les embouteillages, je me dirige vers GUERMANTES par l’autoroute. J’arrive dans les temps pour voir passer les véhicules accompagnateurs qui viennent se mettre en place à la sortie de la ville. Puis c’est la voiture R2M de Jean-Claude qui ouvre la route en devançant l’homme de tête.
David ne précède Alexeï que d’une trentaine de mètres, puis 3 minutes derrière suivent LUKASHEVICH et PAILLE côte à côte. 100 mètres plus loin arrive un groupe composé d’URBANOWSKI, GILG, MOREL et HEINRICH. Pour moi, la surprise vient de Kora qui a effectué un départ canon et qui occupe maintenant la 9ème place, devant DVORETSKI et Irina POUTINSEVA.
Je laisse passer ce peloton déjà bien allongé et sans problème, je les double pour rejoindre VILLENEUVE LE COMTE et assister au passage des concurrents au premier poste de contrôle. Pour la première fois, les marcheurs ne déposent plus leur feuille de route au PCS. Ils passent sans s’arrêter et seul un classement est établi sur la feuille récapitulative. Nous notons qu’il n’y a plus d’embouteillage généré par les camping-cars qui attendaient avant de récupérer le précieux document. Certains marcheurs tiennent quand même leur fiche lors du passage, n’étant pas sûrs de ce changement.
Le rythme paraît rapide et pourtant les marcheurs sont en retard sur l’horaire prévu. David ouvre toujours la route une petite minute devant Alexeï. Deux minutes derrière, PAILLE et LUKASHEVICH devancent le petit groupe URBANOWSKI, MOREL et GILG. Sergueï DVORETSKI est parti prudemment et pointe à 10 minutes du premier ; Urbain GIROD qui avait remporté le prologue en 2006 sur ce parcours à près de 11 km/h est calé au milieu du peloton à 21 minutes du leader. Pour moi, il n’est pas parti assez vite. Bernard FRECHENGUES et Jacky ALBRECHT ferment la marche des élites. Ils sont pourtant à 8,5 km/h et accusent déjà 29 minutes de retard sur la tête.
Irina POUTINSEVA a pris les devants en féminine et devance Marina TARASSEVICH de 4 minutes et Anne-Marie MESMOUDI de cinq. Les 10 femmes sont assez groupées et à part Paola BRUNET qui est partie prudemment, les neuf autres se tiennent en 20 minutes.
En promotion, Stéphane PAILLE et Nicolaï LUKASHEVICH passent presque ensemble, mais ils devancent William PFISTER d’une dizaine de minutes. Jean-Paul SPIESER a trouvé un rythme plus adapté et à l’arrière, Jean-Claude COURCY compte déjà 8 minutes de retard sur Raymond BAUDOUR.
Classement à VILLENEUVE LE COMTE - KM 28.100 :
ELITES
REGY David 21:49
RODIONOV Alexeï 21:50
URBANOWSKI Grégor-Adam 21:55
MOREL Philippe 21:55
GILG Paul 21:55
HEINRICH Thierry 21:58
DVORETSKISergueï 21:59
BOUFFLERT Kora 22:02
MARECHAL Pascal 22:04
COSTILS Alain 22:07
SIMON Zdenek 22:07
GIROD Urbain 22:10
GEORGELIN Serge 22:12
VARIN Sylvianne 22:13
DUFRIEN Pascal 22:16
FRECHENGUES Bernard 22:18
ALBRECHT Jacky 22:18
FEMMES
POUTINTSEVA Irina 22:04
TARASSEVICH Marina 22:08
MESMOUDI Anne Marie 22:09
ANXIONNAT Claudine 22:15
ALVERHNE Dominique 22:20
FAUQUEUR DUDA Corinne 22:22
ATTIAS Dorit 22:23
DOLS Corinne 22:25
BERTHAULT-KORZHYK Annie 22:25
BRUNET Paola 22:30
PROMOTION
PAILLE Stéphane 21:53
LUKASHEVICH Nikolaï 21:54
PFISTER William 22:03
SPIESER Jean Paul 22:08
GRASSI Alain 22:09
PARROT Jean 22:20
BAUDOUR Raymond 22:22
COURCY Jean Claude 22:30
La place du village se vide dès le passage de Paola BRUNET, dernière à franchir le contrôle. Seul reste Stéphane DAKO le directeur d’EVASIA, notre partenaire, encore tout émoustillé d’avoir vu 20 de ces camping-cars flambants neufs défiler sous ses yeux, tels des troupes lors du 14 juillet. Je le comprends car pour moi, ces véhicules qui avancent au pas, embellis de publicités et sonorisés ravivent des milliers de souvenirs et reflètent véritablement l’ambiance du Colmar.
Pour les habitants de VILLENEUVE, le spectacle se poursuit devant la télévision puisque la France reçoit la Géorgie en football et le match est retransmis depuis 20h45. Je remonte dans ma voiture, le Colmar est plus important que le foot et je me faufile pour doubler le cortège. Enfin, Colmar est vraiment lancé maintenant et dans quelques minutes la nuit va recouvrir ce long serpent éclairé. L’OFRASS est présente pour assurer la sécurité de la traversée de la nationale 36 et nous retrouvons les routes vallonnées de la Seine et Marne. Après TIGEAUX, la vallée du Petit Morin me permet d’apprécier le spectacle de cette longue caravane illuminée par les feux de détresse et les gyrophares. Tout doucement, tous ces véhicules progressent pas à pas et je ne me lasse pas de les regarder. Petit changement en 2007 puisque nous ne traversons pas CRECY LA CHAPELLE. Avant SAINT-MARTIN nous faisons un droite-gauche très serré pour emprunter une petite route que seuls les pêcheurs utilisent en temps normal. Cet itinéraire est légèrement plus court, mais les deux raidillons qu’il faut gravir pour rejoindre la nationale 34, puis pour revenir sur le parcours habituel vont calmer les ardeurs des plus courageux. Heureusement, la nuit anéanti la vision du dénivelé. Mais pour moi qui ai fait le fléchage de cette partie en journée, je sais au combien il faudra tirer sur les bras et souffler pour avaler ces deux côtes.
Bien sûr, ce ne sont pas les seules de ce tronçon long de 32 kilomètres pour rejoindre LA FERTE. Les écarts vont donc se creuser rapidement. La première victime de cet itinéraire toboggan est l’américaine Dorit ATTIAS. A cause de problèmes gastriques, elle vomit à plusieurs reprises et perd énormément de temps. Ses équipiers et sa volonté de continuer la remettent sur le bitume, mais elle est maintenant en queue de peloton, loin derrière Annie BERTHAULT qui s’est fait doubler par Paola BRUNET. L’américaine va devoir laisser passer ce moment pénible et attendre que les forces reviennent pour retrouver un rythme normal. Je conseille à Thierry de lui donner de la purée assez liquide pour que l’estomac retrouve sa fonction et dans quelques heures, celà ne paraîtra plus.
Je me suis arrêté à la hauteur de Pierre Levée (km 50) et je les regarde passer. Dans cette première nuit, j’observe beaucoup de sourires sur les visages. J’ai droit à une marque de reconnaissance de chacun de ces marcheurs, certains me disent un mot, d’autres m’adressent un regard, d’autres encore me font un signe de la main. Le bonheur de marcher seul devant son camping-car est enfin arrivé, et l’aboutissement de plusieurs mois de privations, d’entraînements, de sacrifices est une véritable délivrance.
A LA FERTE SOUS JOUARRE, comme en 2006 un français est en tête de PARIS-COLMAR.
David REGY maintient son rythme et devance toujours Alexeï RODIONOV. L’écart est maintenant de 6 minutes et Grégor talonne Alexeï d’une petite minute seulement. Paul GILG et Sergueï DVORETSKI ont maintenu leur écart. Kora est toujours 9ème et marche encore à plus de 8 km/h. Bien calée derrière HEINRICH et COSTILS, elle devance un Zdenek SIMON parti assez prudemment. Urbain GIROD compte déjà une heure de retard sur les premiers et je pense qu’il n’est pas à sa place. A l’inverse, Sylviane VARIN calque sa course sur celle du suisse et se maintient à un petit 8km/h pour passer la nuit.
Anne-Marie MESMOUDI a profité du parcours vallonné pour prendre la tête et endosse le maillot jaune SPORTS-AKILEINE au passage du PCS. Irina n’a que 5 minutes de retard mais elle a creusé l’écart avec Marina sa poursuivante. Derrière ses trois marcheuses, le trou est fait puisque Claudine ANXIONNAT 4ème est déjà à 3/4 d’heure et Corinne FAUQUEUR-DUDA la 6ème est à une heure. La surprise vient de la suissesse Paola BRUNET qui était passée la dernière à VILLENEUVE LE COMTE et qui joue de régularité. Elle est 7ème à 2 minutes seulement de la Roubaisienne.
Dorit est repartie et a dépassé Annie BERTHAULT-KORZHYK. Annie progresse a 6km/h de moyenne, mais elle compte déjà 1 heure et demi de retard.
En promotion, le classement est déjà établi et le jeune Biélorusse Nicolaï LUKASHEVICH endosse le maillot SPORTS-AKILEINE sans concurrence. Son suivant, Stéphane PAILLE a calmé son rythme mais devance toujours William PFISTER qui n’est plus qu’à 7 minutes derrière. Jean-Paul maintient son allure et sa 4ème place, mais il n’a plus que 5 minutes d’avance sur Alain GRASSI.
Classements à LA FERTE SOUS JOUARRE - KM 59.600 :
ELITES
REGY David 1:17
RODIONOV Alexeï 1:23
URBANOWSKI Grégor-Adam 1:24
GILG Paul 1:28
DVORETSKI Sergueï 1:32
MOREL Philippe 1:36
HEINRICH Thierry 1:41
COSTILS Alain 1:50
BOUFFLERT Kora 1:54
SIMON Zdenek 1:55
MARECHAL Pascal 1:56
GEORGELIN Serge 2:07
DUFRIEN Pascal 2:09
GIROD Urbain 2:15
VARIN Sylvianne 2:15
FRECHENGUES Bernard 2:23
ALBRECHT Jacky 2:27
FEMMES
MESMOUDI Anne Marie 1:54
POUTINTSEVA Irina 1:59
TARASSEVICH Marina 2:10
ANXIONNAT Claudine 2:38
ALVERHNE Dominique 2:43
FAUQUEUR DUDA Corinne 2:51
BRUNET Paola 2:54
DOLS Corinne 2:56
ATTIAS Dorit 3:13
BERTHAULT-KORZHYK Annie 3:22
PROMOTION
LUKASHEVICH Nikolaï 1:24
PAILLE Stéphane 1:43
PFISTER William 1:50
SPIESER Jean Paul 2:07
GRASSI Alain 2:12
PARROT Jean 2:31
BAUDOUR Raymond 2:51
COURCY Jean Claude 2:57
Premier coup de théatre sur ce Colmar 2007. A 2h30, David REGY leader de l’épreuve jusque là s’arrête, victime de douleurs lombaires et de problèmes gastriques. Son camping-car est stoppé dans la nuit quelques kilomètres avant CHARLY SUR MARNE. A cet instant, je ne connais pas les raisons exactes de cet arrêt, mais est-ce pensable de stopper un tel effort alors que l’on mène la compétition depuis plusieurs heures et qu’il en reste encore tant à faire. Immédiatement je repense à Roger QUEMENER il y a une vingtaine d’années qui naviguait à la dernière place au contrôle de CHATEAU-THIERRY à près de 3 heures des leaders. Il avait alors pris le temps de traverser cette mauvaise passe pour retrouver la force nécessaire de remonter un à un tous ses adversaires avant de l’emporter quelques 400 kilomètres plus loin à COLMAR. Quoi qu’il arrive, et sauf arrêt médical impératif, on n’abandonne pas un Colmar dans la première nuit.
Aujourd’hui je sais, David est allé consulter en clinique et une échographie, confirmée par une endoscopie sous anesthésie générale ont décelé des calculs biliaires qui l’empêchent de s’alimenter sur les longues distances. La douleur l’avait cloué sur place et il a eu raison de s’arrêter et d’écouter son corps. Souhaitons lui de pouvoir éviter l’opération et espérons revoir très rapidement son immense gabarit sur les prochaines compétitions.
Ses poursuivants profitent aussitôt de l’aubaine pour s’emparer de la première place et Grégor-Adam URBANOWSKI dépasse Alexeï RODIONOV à l’entrée de CHARLY. Tous deux effectuent ce tronçon à plus de 10 km/h de moyenne.
Deuxième coup de théatre de la nuit, une pluie fine se met à tomber sur les hauteurs de CROUTES. Il est 2h38 et l’euphorie engendrée par le départ trouve sa limite. Il faut se concentrer sur sa marche, rentrer les vélos pour éviter aux suiveurs de se mouiller inutilement et les chauffeurs doivent redoubler de vigilance.
Paul GILG est toujours en 3ème position, mais Sergueï DVORETSKI le suit d’une minute seulement. David REGY a péniblement rejoint le contrôle ou l’arrêt est inévitable. Philippe MOREL, Thierry HEINRICH et Alain COSTILS suivent en maintenant leur position, tout comme Kora BOUFFLERT qui devance toujours Zdenek SIMON. Le Tchèque est rejoint par Pascal Marechal. En 14 et 15ème position, Pascal DUFRIEN et Serge GEORGELIN ne sont séparés que d’une petite minute. Urbain GIROD et Sylviane VARIN marchent ensemble et derrière, Bernard FRECHENGUES précède Jacky ALBRECHT.
Anne-Marie MESMOUDI a accentué son avance et compte maintenant 7 minutes sur Irina et 21 sur Marina. Derrière les écarts sont assez importants puisque Claudine, toujours 4ème, pointe à plus d’une heure. Elle emmène dans son sillage Dominique ALVERNHE, Corinne FAUQUEUR-DUDA, Paola BRUNET et Corinne DOLS. Elles sont toutes les cinq groupées en un quart d’heure. Dorit a retrouvé une allure de 6,7 km/h, lui permettant de distancer Annie de 16 minutes.
De son côté, Nicolaï LUKASHEVICH assomme la catégorie promotion en réalisant ce tronçon à 10km/h de moyenne. Stéphane PAILLE accuse un départ un peu rapide et se trouve à la vue d’un William PFISTER ragaillardi. Derrière ce trio, Jean-Paul assure sa 4ème place en reprenant 8 minutes à Alain GRASSI. Jean PARROT distance petit à petit Raymond BAUDOUR et Jean-Claude COURCY est déjà à 2h09 du leader.
Classements à CHARLY-SUR-MARNE - KM 76.100 :
ELITES
URBANOWSKI Grégor-Adam 3:00
RODIONOV Alexeï 3:00
GILG Paul 3:10
DVORETSKI Sergueï 3:11
REGY David 3:12
MOREL Philippe 3:14
HEINRICH Thierry 3:21
COSTILS Alain 3:38
BOUFFLERT Kora 3:40
SIMON Zdenek 3:45
MARECHAL Pascal 3:45
DUFRIEN Pascal 3:58
GEORGELIN Serge 3:59
GIROD Urbain 4:10
VARIN Sylvianne 4:10
FRECHENGUES Bernard 4:16
ALBRECHT Jacky 4:21
FEMMES
MESMOUDI Anne Marie 3:40
POUTINTSEVA Irina 3:47
TARASSEVICH Marina 4:01
ANXIONNAT Claudine 4:43
ALVERHNE Dominique 4:46
FAUQUEUR DUDA Corinne 4:48
BRUNET Paola 4:57
DOLS Corinne 4:59
ATTIAS Dorit 5:41
BERTHAULT-KORZHYK Annie 5:57
PROMOTION
LUKASHEVICH Nikolaï 03:03
PAILLE Stéphane 03:38
PFISTER William 03:40
SPIESER Jean Paul 04:00
GRASSI Alain 04:13
PARROT Jean 04:25
BAUDOUR Raymond 04:52
COURCY Jean Claude 05:06
Il pleut toujours durant cette portion qui mène les marcheurs jusqu’à CHATEAU-THIERRY. En 15 kilomètres les écarts ne vont guère se creuser mais URBANOWSKI réussi à prendre 3 minutes à RODIONOV, Paul GILG marche à la même allure que le Polonais et il pointe désormais à 7 minutes du Russe au passage du PCS n°4.
Les 6 premiers ont encore une moyenne générale de 9km/h au 91ème kilomètre et tous les élites sont encore à plus de 8km/h. Celà confirme déjà une bonne sélection.
Seul le Tchèque SIMON subi un passage à vide, mais il se retrouve devant DUFRIEN et GEORGELIN et celà lui permet d’avoir des repaires.
Anne-Marie ne lâche rien et continue sa marche en avant. Régulière à 8 de moyenne, elle porte son avance à 22 minutes sur Irina qui accuse la fin de nuit et 25 sur Marina qui ne se laisse pas décrocher. Dominique ALVERNHE s’accroche 1 minute derrière Claudine. Une Corinne peut en cacher une autre et DOLS a dépassé FAUQUEUR-DUDA. La Roubaisienne progresse à 6 de moyenne. Dorit a retrouvé un rythme régulier, elle devance maintenant Annie d’une demi-heure.
Nicolaï a baissé son allure mais augmente toujours son avance sur PAILLE qui a repris du terrain au Barisien PFISTER. Jean PARROT profite des arrêts répétés d’Alain GRASSI pour lui prendre sa 5ème place et Jean-Claude COURCY ferme toujours la marche.
Classements à CHATEAU-THIERRY - KM 91.200 :
ELITES
URBANOWSKI Grégor-Adam 4:41
RODIONOV Alexeï 4:44
GILG Paul 4:51
DVORETSKI Sergueï 4:53
MOREL Philippe 5:01
HEINRICH Thierry 5:09
COSTILS Alain 5:29
BOUFFLERT Kora 5:32
MARECHAL Pascal 5:34
DUFRIEN Pascal 5:37
SIMON Zdenek 5:53
GEORGELIN Serge 5:55
VARIN Sylviane 6:07
FRECHENGUES Bernard 6:09
GIROD Urbain 6:17
ALBRECHT Jacky 6:23
REGY David arrêt
FEMMES
MESMOUDI Anne Marie 5:32
POUTINTSEVA Irina 5:54
TARASSEVICH Marina 5:58
ANXIONNAT Claudine 6:50
ALVERHNE Dominique 6:51
DOLS Corinne 7:03
BRUNET Paola 7:04
FAUQUEUR DUDA Corinne 7:14
ATTIAS Dorit 7:43
BERTHAULT-KORZHYK Annie 8:12
PROMOTION
LUKASHEVICH Nikolaï 04:51
PAILLE Stéphane 05:31
PFISTER William 05:44
SPIESER Jean Paul 05:54
PARROT Jean 06:26
GRASSI Alain 06:32
BAUDOUR Raymond 06:57
COURCY Jean Claude 07:19
Après l’arrêt de David REGY, on croirait qu’une chappe de plomb s’est abattue sur l’épreuve mais en réalité ce n’est qu’un épais brouillard qui recouvre les vignes et les coteaux bordant la route. La pluie s’est arrêtée et la température est idéale pour marcher. Celui qui profite le mieux de ces conditions, c’est Sergueï DVORETSKI, très discret jusque là mais en embuscade à 1 minute derrière le grand alsacien Paul GILG. Ils n’ont que 500 et 1000 mètres de retard sur Alexeï et Urba qui les précèdent. 4 marcheurs en 11 minutes au 113ème kilomètre, rien est fait. Philippe MOREL est à un quart d’heure de ce quatuor et contrôle Thierry HEINRICH lui aussi 16 minutes derrière Phiphi. En 7ème position, Kora résiste aux assauts d’Alain COSTILS et de Pascal DUFRIEN tous deux marchant de concert.
Pascal Marechal récupère après l’euphorie d’être passé devant sa maison à la sortie de CHATEAU et doit se méfier du Tchèque revenu 1 minute derrière lui. Sylviane VARIN progresse régulièrement et elle précède toujours d’une vingtaine de minutes le Suisse Urbain GIROD que je n’attendais pas à cette place au sortir de la première nuit.
Anne-Marie est la seule a dépasser les 8km/h sur cet intermédiaire et devance maintenant les deux marcheuses de l’est de 30 et 35 minutes. Les deux Corinne marchent ensemble et ont repassé Paola. Loin derrière la porteuse du maillot jaune, Dorit ATTIAS marche à 5,4 km/h et n’a plus que 10 minutes d’avance sur Annie.
Stéphane PAILLE a repris des couleurs et creuse l’écart sur l’arrière. Raymond BAUDOUR a du mal au lever du jour et Jean-Claude COURCY en profite pour revenir à 10 minutes.
Fidèles aux traditions, les concurrents reçoivent chacun une bouteille de champagne, qui sera bue après l’arrivée et avec modération.
Classements à TRELOU-SUR-MARNE - KM 112.900 :
ELITES
URBANOWSKI Grégor-Adam 7:05
RODIONOV Alexeï 7:10
GILG Paul 7:15
DVORETSKI Sergueï 7:16
MOREL Philippe 7:32
HEINRICH Thierry 7:45
BOUFFLERT Kora 8:07
COSTILS Alain 8:08
MARECHAL Pascal 8:20
SIMON Zdenek 8:21
GEORGELIN Serge 8:50
FRECHENGUES Bernard 8:52
VARIN Sylviane 8:55
DUFRIEN Pascal 9:08
GIROD Urbain 9:14
ALBRECHT Jacky 9:30
REGY David arrêt
FEMMES
MESMOUDI Anne Marie 8:10
POUTINTSEVA Irina 8:40
TARASSEVICH Marina 8:44
ANXIONNAT Claudine 9:57
ALVERHNE Dominique 10:03
FAUQUEUR DUDA Corinne 10:06
DOLS Corinne 10:06
BRUNET Paola 10:15
ATTIAS Dorit 11:43
BERTHAULT-KORZHYK Annie 11:53
PROMOTION
LUKASHEVICH Nikolaï 07:32
PAILLE Stéphane 08:06
PFISTER William 08:41
SPIESER Jean Paul 08:54
GRASSI Alain 09:19
PARROT Jean 09:25
BAUDOUR Raymond 10:20
COURCY Jean Claude 10:30
Après TRELOU, le relief du parcours au milieu des vignes est accidenté et pourtant une moyenne horaire supérieure à 8,5 km/h est tenue par les premiers élites. URBANOWSKI grapille encore une minute sur RODIONOV et Sergueï DVORETSKI s’est emparé de la 3ème place. Paul GILG traverse des moments difficiles et Philippe MOREL le talonne à 1 minute. Paul a servi de point de mire à Phiphi et celà lui a permis de décrocher Thierry HEINRICH. Kora est repassé devant Alain COSTILS et tient son rang parmi les élites. L’autre féminine, Sylviane VARIN est alors en 12ème position à moins de 2h00 du champion Polonais.
Dans la catégorie féminine, la hiérarchie se met en place et les trois premières creusent les écarts avec leurs poursuivantes. Anne-Marie, Irina et Marina avalent les kilomètres entre 7,5 et 8 km/h alors que derrière, toutes les moyennes se situent entre 6,2 et 6,9 km/h. Cette différence de vitesse place Claudine la 4ème à plus de deux heures et Annie en queue de peloton à 4h15.
En promotion, Stéphane PAILLE n’abdique pas et profite de la baisse de rythme de LUKASHEVICH pour revenir à un quart d’heure derrière le leader. De son côté, Jean-Paul SPIESER qui surprend tout le monde a passé William PFISTER. Jean PARROT effectue un parcours régulier avec son équipe du SCBA. Alain GRASSI et Raymond BAUDOUR maintiennent leur allure et Jean-Claude COURCY ferme toujours la marche à plus de 3 heures de la tête.
Classements à REUIL - KM 128.800 :
ELITES
URBANOWSKI Grégor-Adam 8:54
RODIONOV Alexeï 9:00
DVORETSKI Sergueï 9:06
GILG Paul 9:27
MOREL Philippe 9:28
HEINRICH Thierry 9:42
BOUFFLERT Kora 10:10
COSTILS Alain 10:11
MARECHAL Pascal 10:26
SIMON Zdenek 10:29
FRECHENGUES Bernard 10:52
VARIN Sylviane 10:52
GEORGELIN Serge 10:57
DUFRIEN Pascal 11:20
GIROD Urbain 11:30
ALBRECHT Jacky 11:39
REGY David arrêt
FEMMES
MESMOUDI Anne Marie 10:10
POUTINTSEVA Irina 10:46
TARASSEVICH Marina 10:49
ANXIONNAT Claudine 12:19
FAUQUEUR DUDA Corinne 12:23
ALVERHNE Dominique 12:24
DOLS Corinne 12:24
BRUNET Paola 12:36
ATTIAS Dorit 14:17
BERTHAULT-KORZHYK Annie 14:25
PROMOTION
LUKASHEVICH Nikolaï 9:58
PAILLE Stéphane 10:13
SPIESER Jean Paul 11:05
PFISTER William 11:20
PARROT Jean 11:33
GRASSI Alain 11:40
BAUDOUR Raymond 12:42
COURCY Jean Claude 13:19
Les routes serpentent au milieu des vignes et la longue montée vers VENTEUIL rappelle aux plus optimistes qu’un Colmar n’est pas plat et qu’à chaque instant il faut rester concentré et bien travailler avec ses bras. Depuis ce petit village de la Marne, on peut apercevoir une grande partie de l’ascencion. Plusieurs groupes de vignerons et de personnels applaudissent et encouragent les concurrents. PARIS-COLMAR est une tradition et chaque année, ils ont pris l’habitude de prendre quelques minutes de leur temps pour apprécier les exploits réalisés par nos marcheuses et nos marcheurs. La chaleur n’est pas écrasante comme ce fut le cas certaines années, mais un ciel voilé laisse planer le doute quant à la météo des heures à venir.
En remontant tous les concurrents depuis l’arrière de l’épreuve, je prends plaisir à m’arrêter auprès de chacun et à leur demander comment s’est passé la nuit et si tout va bien. Il n’y que 140 kilomètres de fait et pourtant l’écart entre Grégor-Adam URBANOWSKI et Annie BERTHAULT, la dernière à passer à EPERNAY est de 6h45. Pour ma part, il me faut donc plusieurs heures pour remonter vers la tête. Les concurrents qui occupent le podium provisoire sont les mêmes, mais l’ordre des places a changé puisque Sergueï DVORETSKI a doublé Alexeï RODIONOV. Le jeune Russe marche maintenant au rythme du leader de cette catégorie et ils réalisent exactement le même temps pour effectuer cette portion intermédiaire. Alexeï est en embuscade 500 mètres derrière, et pour la 4ème place, Philippe MOREL a pratiquement rejoint Paul GILG.
Pour la dernière position de la catégorie élites, Urbain GIROD s’est fait passer par Jacky ALBRECHT. Jamais je n’aurais imaginé le Suisse en dernière position à EPERNAY. Mais Urbain accuse un mauvais passage et continue sa progression à 6km/h de moyenne environ.
En féminines, Anne-Marie MESMOUDI franchit le contrôle peu après midi. Avec trois quarts d’heure d’écart, elle devance maintenant les deux marcheuses soviétiques qui pointent dans la même minute. Deux heures après, un petit peloton emmené par Claudine ANXIONNAT s’est reformé. La vosgienne précède Corinne DOLS, Corinne FAUQUEUR-DUDA, Paola BRUNET et Dominique ALVERNHE. Ces cinq marcheuses se tiennent en 14 minutes. Dorit ATTIAS a retrouvé une allure soutenue, mais Annie sombre avec plus de 5 heures et quart de retard. En passant à 17h30, Annie se trouve prise sous un orage violent. Elle avance péniblement dans 30 centimètres d’eau et de boue mêlées.
Le jeune Biélorusse LUKASHEVICH n’a pas vu l’orage, il franchit le PCS 3 minutes après midi et grapille quelques précieuses minutes sur Stéphane PAILLE. Jean-Paul SPIESER et William PFISTER ont conservé leurs positions, mais ils surprennent par leur allure et leur motivation.
EPERNAY, c’est la ville où réside Jean-Claude GOUVENAUX, ce marcheur au palmarès impressionnant et aux capacités physiques inépuisables. Jean-Claude n’est pas dans l’organisation avec nous cette année et il me manque. Cet historien de la marche de grand fond, cet homme entier et spontané doit être au bord de la route ou devant son ordinateur. Le hasard fera qu’à aucun moment de cette 61ème édition je ne le croiserai.
EPERNAY, c’est aussi la première ville traversée où SPORT-AKILEINE expose ses photos, et où les hussards parachutistes de Raymond BAUDOUR ont installé leur stand du bureau de recrutement. Ces militaires sont agréablement surpris par l’épreuve et par l’accueil qui leur est réservé. Sans forcément obtenir des contrats d’engagement, ils présentent leur corps d’armée en abordant des valeurs proches de celles imposées par notre discipline. Ils sont fiers de porter leur uniforme dans cet univers sportif itinérant.
Classements à EPERNAY - KM 143.800 :
ELITES
URBANOWSKI Grégor-Adam 10:41
DVORETSKI Sergueï 10:53
RODIONOV Alexeï 10:57
GILG Paul 11:21
MOREL Philippe 11:23
HEINRICH Thierry 11:33
COSTILS Alain 12:12
BOUFFLERT Kora 12:30
MARECHAL Pascal 12:31
SIMON Zdenek 12:35
FRECHENGUES Bernard 12:57
VARIN Sylviane 13:05
GEORGELIN Serge 13:08
DUFRIEN Pascal 13:20
ALBRECHT Jacky 13:51
GIROD Urbain 13:56
REGY David arrêt
FEMMES
MESMOUDI Anne Marie 12:07
POUTINTSEVA Irina 12:53
TARASSEVICH Marina 12:53
ANXIONNAT Claudine 14:44
DOLS Corinne 14:48
FAUQUEUR DUDA Corinne 14:53
BRUNET Paola 14:55
ALVERHNE Dominique 14:58
ATTIAS Dorit 16:32
BERTHAULT-KORZHYK Annie 17:24
PROMOTION
LUKASHEVICH Nikolaï 12:03
PAILLE Stéphane 12:21
SPIESER Jean Paul 13:11
PFISTER William 13:29
PARROT Jean 13:48
GRASSI Alain 13:50
BAUDOUR Raymond 15:12
COURCY Jean Claude 15:50
J’avance jusqu’à CONDE pour rejoindre mon collègue Franck qui retransmet les classements du direct "marchons.com". Nous profitons d’un repas en commun pour faire le point sur la compétition. Franck est un ancien pompier qui a fait beaucoup de sport mais qui ne connaissait absolument rien de la marche de grand fond avant le départ de Neuilly. Sur ce Colmar, comme 5 autres personnes, il doit rester à certains postes de contrôle afin de téléphoner les heures de passage des concurrents au fur et à mesure de leurs différents passages. Daniel centralise les informations et les rentre dans l’ordinateur afin de pouvoir offrir un véritable direct en temps réel. Franck me pose quelques questions concernant les styles et les allures des marcheurs ainsi que sur les horaires de la compétition. En effet, à CONDE au 160ème kilomètre, URBANOWSKI compte déjà plus d’une heure de retard sur l’horaire prévu par l’organisateur.
Pourtant le Polonais ne ménage pas sa tâche et essaie de creuser un écart suffisant pour lui permettre de se mettre à l’abri d’éventuels problèmes lors de la journée de vendredi. Il marche encore à presque 8,5 km/h et réussit à grapiller encore 2 minutes supplémentaires par rapport à son poursuivant DVORETSKI.
Sergueï, assez discret mais très régulier depuis le départ montre le bout de son nez et il capitalise déjà presque un quart d’heure d’avance sur RODIONOV. MOREL et GILG ont stabilisé leur écart. Justement, en parlant de l’alsacien, c’est à CONDE que son équipe a prévu de se restaurer et je suis donc invité à boire le café avec une partie de ses accompagnateurs. Les tee-shirts rouges ne passent pas inaperçus dans ce village Marnais. Juste derrrière la table de contrôle, ils ont installé de grandes tables et à la bonne franquette, ils déjeunent en observant les nuages qui noircissent à vue d’oeil.
Loin derrière, Urbain GIROD fleurte avec le 6km/h et pointe à plus de 4h00 des leaders. Il compte encore deux heures d’avance sur l’heure de fermeture des postes contrôle, mais je sens bien qu’il n’est ni à sa place, ni à son rythme.
Malheureusement, dans la catégorie féminine, les deux dernières concurrentes n’ont pas autant de marge, et bien qu’il n’y ait pas d’heure de fermeture pour elles au passage à CONDE, Dorit ne dispose plus que de 2h17’ pour rejoindre CHALONS à 18 kilomètres. Mission quasiment impossible. Et que dire d’Annie dont la marge est encore plus faible puisqu’elle passe à 20h41 à CONDE et il ne lui reste plus que 1h19’ pour aller au PCS suivant. Des orages d’une extrême violence vont anéantir ses ambitions et Annie se voit obligée de marcher dans 30 centimètres d’eau par endroits.
L’organisation avait choisi de ne pas imposer d’heure de fermeture pour les postes contrôle des catégories féminine et promotion avant CHALONS EN CHAMPAGNE, mais malheureusement, la traversée de la Seine et Marne ainsi que les coteaux champenois auront été fatals à ces deux athlètes. Elles ont perdu trop de temps durant la première nuit, et les orages extrêmement violents du jeudi en début d’après-midi auront mis fin à leurs espoirs de rejoindre VITRY dans les délais. Sur cette épreuve, les minutes perdues ne se rattrapent jamais.
Avec plus de 6h00 d’avance sur Annie, Anne-Marie ne se préoccupe pas de l’arrière de la course. Seul l’écart qui la sépare des deux marcheuses Russe et Biélorusse l’intéresse. Anne-Marie sait que ces deux rivales marchent ensemble et dans cette position, l’union pourrait être une force supplémentaire. L’athlète du Stade Français le sait et elle est très bien informée par ses coatchs. Jean-Pierre GRANGE et Roger QUEMENER veillent sur le chronomètre et c’est encore Anne-Marie qui gagne ce tronçon en ajoutant 7 minutes à son avantage.
Le club des cinq poursuivantes ne s’est pas désuni et les faibles écarts entre chacune d’elles leur permettent de se voir dans les lignes droites.
Le constat est identique en catégorie promotion, LUKASHEVICH ne faiblit pas, les écarts se stabilisent à l’arrière et en queue de peloton. Jean-Claude COURCY a passé les 4h00 de retard sur l’homme de tête. Jean-Claude gère intelligemment sa progression et il sait maintenant qu’il dispose de 3h16’ pour arriver à CHALONS dans le délai imparti.
Classements à CONDE SUR MARNE - KM 161.800 :
ELITES
URBANOWSKI Grégor-Adam 12:49
DVORETSKI Sergueï 13:03
RODIONOV Alexeï 13:16
MOREL Philippe 13:40
GILG Paul 13:43
HEINRICH Thierry 14:00
COSTILS Alain 14:37
BOUFFLERT Kora 14:58
SIMON Zdenek 15:09
MARECHAL Pascal 15:21
FRECHENGUES Bernard 15:26
VARIN Sylviane 15:44
GEORGELIN Serge 15:55
DUFRIEN Pascal 16:11
ALBRECHT Jacky 16:25
GIROD Urbain 16:56
REGY David arrêt
FEMMES
MESMOUDI Anne Marie 14:29
POUTINTSEVA Irina 15:22
TARASSEVICH Marina 15:22
DOLS Corinne 17:30
ANXIONNAT Claudine 17:35
FAUQUEUR DUDA Corinne 17:36
BRUNET Paola 17:48
ALVERHNE Dominique 17:54
ATTIAS Dorit 19:43
BERTHAULT-KORZHYK Annie 20:41
PROMOTION
LUKASHEVICH Nikolaï 14:42
PAILLE Stéphane 15:02
PFISTER William 16:01
SPIESER Jean Paul 16:02
PARROT Jean 16:22
GRASSI Alain 17:12
BAUDOUR Raymond 18:18
COURCY Jean Claude 18:44
Je reprends la voiture pour remonter vers l’avant de la compétiton. Cette portion entre CONDE et CHALONS n’est longue que de 18 kilomètres, mais je me rappelle de souvenirs pas si lointains. Les immenses lignes droites sont interminables et l’entrée dans CHALONS parait ne jamais finir. Je me souviens des années où nous observions 5 minutes d’arrêt qu’il fallait gérer au mieux afin de repartir jusqu’à SAINT-DIZIER ou SERMAIZE.
L’année dernière, pour les féminines et la promotion, CHALONS signifiait la ville départ de la grande étape du Colmar. La place du Grand Jard était envhie de camping-cars et chacun attendait avec impatience le passage des élites. Cette année, CHALONS n’est qu’un simple poste de contrôle et Grégor-Adam URBANOWSKI le franchit en accentuant son avance sur ses poursuivants. Paul GILG a repassé Philippe MOREL et à coups de minutes ils se surveillent et se battent comme des chiffonniers pour acquérir cette 4ème place.
Pascal Marechal baisse de rythme mais continue sa progression. la situation est identique à l’arrière pour le Suisse GIROD qui conserve 1h12’ de marge sur l’heure de fermeture du PCS.
En féminines, alors que nos deux marcheuses de l’est sont toujours au coude à coude après 180 kilomètres, Anne-Marie MESMOUDI caracole toujours en tête, en grapillant encore quelques 5 précieuses minutes. Un quatuor se maintient derrière elles à plus de 3h00 et Dominique ALVERNHE craque en laissant échapper une bonne demi-heure sur l’avant dernière.
En promotion, les deux extrêmes de cette compétition sont les seuls dont la moyenne générale n’est pas dans la tranche des 7km/h. En effet, Nicolaï LUKASHEVICH est encore au dessus de 8, et à l’arrière, Jean-Claude COURCY est passé sous la barre des 7, mais Jean-Claude passe le contrôle de CHALONS avec 22 minutes d’avance sur l’heure de fermeture et il devra gérer en allant jusqu’à VITRY pour rentrer dans les temps.
Je profite de ce calme pour avancer jusqu’à SAINT-DIZIER. Je prends le temps de me restaurer et je pense faire un petit somme avant de rester au gymnase pour réguler le repos des élites durant la nuit. Cette pause improvisée me permet de passer quelques coups de téléphone, de faire le point et de prendre des notes. Mais le répis n’est que de courte durée.
18h30 : appel de l’équipe de Claudine ANXIONNAT concurrente n°34 qui demande le médecin. Elle est à JUVIGNY et vient de heurter accidentellement son véhicule suiveur. Elle a un important hématome au niveau de la tempe et après avoir été sonnée quelques secondes, elle préfère voir le toubib pour avoir un avis plus éclairé. Je préviens Fabrice et il retourne sur l’arrière de l’épreuve.
18h32 : appel de l’équipe de Paul GILG concurrent n°12 qui demande les podologues. Il se trouve à SONGY et à de grosses blessures aux pieds. Il préfère se faire soigner afin d’aller à SAINT-DIZIER tranquillement. J’appelle aussitôt Alain PETIT qui demande aux podos d’effectuer les soins.
21h00 : Je suis enfin arrivé à SAINT-DIZIER et je profite d’un moment de calme et d’un bon repas. J’espère pouvoir dormir deux ou trois heures avant d’attaquer la nuit.
21h04 : appel de Jeanine GAUTIER équipière de Pascal DUFRIEN, elle s’inquiète au sujet des horaires de fermeture des postes contröle. D’après leurs calculs, il ne passera pas à SAINT-DIZIER. Je la rassure et lui fais comprendre que Urbain GIROD qui est à cette heure environ à 7 kilomètres derrière eux est encore dans les temps et qu’ils doivent rester concentrés au lieu de s’inquièter.
21h45 : c’est l’heure pour Daniel DUBOSCQ de planter son ordinateur, il est joueur ce Daniel. Il ne peut plus se connecter et n’arrive plus à mettre à jour les différents tableaux. Heureusement il a encore accès au forum et laisse un message pour rassurer les internautes habitués. Mais les novices ne comprennent pas et ils ne vont pas sur le forum, alors ils tentent par tous les moyens d’ouvrir les tableaux afin de prendre connaissance des derniers classements avant la nuit.
22h07 : appel désespéré de notre photographe David LAGNIER. Il est fou de rage car on vient d’arracher la feuille des mains de Dorit alors qu’elle est dans les rues de CHALONS. Elle vient de marcher 2 heures à plus de 8 km/h et sans un blocage de près de 10 minutes à un passage à niveau fermé, elle serait passé avant 22h00 au PCS. "C’est pas ça l’esprit du sport" me crie-t-il au téléphone, on s’est défoncé pour l’amener ici et on nous arrête à quelques hectomètres du contrôle.
J’ai beaucoup de mal à le raisonner et je comprends à la fois sa déception de mettre fin à cette aventure et aussi la douleur que peut ressentir l’Américaine de devoir arrêter si près du but... Je suis étonné d’apprendre que contrairement à tous les autres PCS qui sont habituellement fermés par Roland MAURY, à CHALONS bizarrement, ce n’est pas lui qui retourne en arrière pour stopper les marcheuses.
22H20 : Thierry m’appelle à son tour pour me faire part de l’arrêt de Dorit et également celui d’Annie qui se trouvait quelques kilomètres derrière eux.
Habitant NEUILLY-SUR-MARNE et connaissant Annie depuis de très nombreuses années, j’éprouve un moment difficile car je sais à cet instant qu’Annie ne remarchera jamais sur Colmar. C’était son dernier et j’avais insisté lourdement auprès de l’organisateur pour qu’il fasse l’effort de l’inviter même si elle n’avait pas rempli tous les critères demandés. Annie a gagné le challenge que nous avions mis en place en participant à 12 compétitions, elle restera une grande lauréate de cette catégorie féminine, et même si elle n’est jamais monté sur le podium, elle a toujours su être prête pour ce grand rendez-vous. Enseignante dans les écoles de la ville départ, elle a toujours fait honneur à notre discipline. Elle a su montrer à ses petits élèves que la marche est un véritable sport et que pour nous, c’est même devenu une passion.
Bravo Annie et à bientôt sur les routes, j’espère que nous te reverrons sur les circuits.
22h35 : je repose une flèche juste après le poste de contrôle pour éviter que les aléas de l’an passé ne se reproduisent. Tant pis, je ne vais pas dormir, je retourne à VITRY pour voir l’arrière de la course.
Classements à CHALONS EN CHAMPAGNE - KM 179.800 :
ELITES
URBANOWSKI Grégor-Adam 15:05
DVORETSKI Sergueï 15:23
RODIONOV Alexeï 15:33
GILG Paul 16:03
MOREL Philippe 16:06
HEINRICH Thierry 16:33
COSTILS Alain 17:14
BOUFFLERT Kora 17:19
SIMON Zdenek 17:43
FRECHENGUES Bernard 17:50
MARECHAL Pascal 18:09
VARIN Sylviane 18:20
GEORGELIN Serge 18:31
DUFRIEN Pascal 18:42
ALBRECHT Jacky 19:09
GIROD Urbain 19:46
REGY David arrêt
FEMMES
MESMOUDI Anne Marie 16:57
POUTINTSEVA Irina 17:55
TARASSEVICH Marina 17:55
FAUQUEUR DUDA Corinne 20:06
DOLS Corinne 20:17
ANXIONNAT Claudine 20:20
BRUNET Paola 20:47
ALVERHNE Dominique 20:54
ATTIAS Dorit arrêt
BERTHAULT-KORZHYK Annie arrêt
PROMOTION
LUKASHEVICH Nikolaï 17:25
PAILLE Stéphane 17:58
PFISTER William 18:39
PARROT Jean 18:57
SPIESER Jean Paul 19:05
GRASSI Alain 19:58
BAUDOUR Raymond 21:15
COURCY Jean Claude 21:38
A la sortie de CHALONS et jusqu’à POGNY, le tracé du parcours est plus agréable mais la chaleur étouffante et les risques d’orages n’avantagent pas les concurrents. Encore une fois, Grégor-Adam URBANOWSKI ne lâche rien et réussi à prendre une minute au kilomètre à son poursuivant immédiat. Cette différence de près d’un kilomètre à l’heure reflète la concentration et l’application du Polonais pour construire sa victoire. Sergueï DVORETSKI pourtant ne ménage pas sa peine puisque lui aussi assomme son compatriote russe. Durant cette petite portion de 14 km, il va réussir à augmenter son avance de 17 minutes et Alexeï qui subit un gros revers se retrouve sous la menace d’un Paul GILG requinqué et d’un Philippe MOREL toujours appliqué.
Kora BOUFFLERT est toujours bien en ligne et avance de son pas décidé.
A l’inverse, Sylviane VARIN perd de précieuses minutes et se fait doubler par Pascal DUFRIEN juste avant le contrôle de POGNY.
Serge GEORGELIN, Jacky ALBRECHT et Urbain GIROD sont encore largement dans les délais et devraient rejoindre la ville repos sans problème.
Les deux féminines Russes se sont séparées et Irina en a profité pour distancer un peu sa compatriote Marina. Corinne FAUQUEUR-DUDA confirme son état de forme en distançant encore Claudine ANXIONNAT, Corinne DOLS faisant de même sur Paola BRUNET. Dominique ALVERNHE ferme maintenant la marche près d’une heure après la Suissesse. Dominique progresse à moins de 5 à l’heure et devra se ressaisir si elle veut arriver à VITRY avant 5h00.
Dans la catégorie promotion, le Biélorusse LUKASHEVICH réalise un sans faute et poursuit sa marche en avant.
De son côté, en seulement 14 kilomètres, Stéphane PAILLE perd le travail de nombreuses heures. A 5,5 km/h, le bordelais passe le PCS de POGNY avec cinq petites minutes d’avance sur un William PFISTER hyper motivé. Jean-Paul SPIESER qui a pulvérisé tous ses records en couvrant 179 kilomètres en 24h00 est victime d’une baisse de régime et laisse échapper un Jean PARROT jusqu’ici très discret. Raymond BAUDOUR donne tout ce qui reste dans ses réserves pour en terminer au plus vite et Jean-Claude COURCY gère intelligemment ses 37 minutes de marge au PCS pour rejoindre VITRY dans les temps.
Malheureusement, le parcours impeccable jusque là d’Alain GRASSI prend fin avant POGNY. Alain, victime de problèmes alimentaires vient de faire un malaise et le médecin le classe dans une sage décision. Alain est emmené à VITRY pour voir les podologues et il refait un deuxième malaise. Je suis à ses côtés à cet instant et les signes de paleur de son visage, sa transpiration anormale et la teneur de ses propos nous incitent à faire appel aux pompiers. Ils le dirigent vers les urgences de l’hopital pour des examens complémentaires. Son équipe est un peu déstabilisée, mais la sagesse d’un Gilles BELLOIR et le comportement en adultes de ses accompagnateurs sont tout à leur honneur. Alain va se reposer et nous le reverrons sur les circuits prochainement.
Classements à POGNY - KM 194.600 :
URBANOWSKI Grégor-Adam 16:56
DVORETSKI Sergueï 17:28
RODIONOV Alexeï 17:54
GILG Paul 18:00
MOREL Philippe 18:09
HEINRICH Thierry 18:38
COSTILS Alain 19:28
BOUFFLERT Kora 19:34
FRECHENGUES Bernard 19:55
SIMON Zdenek 19:56
MARECHAL Pascal 20:38
DUFRIEN Pascal 21:05
VARIN Sylviane 21:05
GEORGELIN Serge 21:12
ALBRECHT Jacky 21:21
GIROD Urbain 22:02
REGY David arrêt
FEMMES
MESMOUDI Anne Marie 19:01
POUTINTSEVA Irina 20:04
TARASSEVICH Marina 20:11
FAUQUEUR DUDA Corinne 22:18
ANXIONNAT Claudine 22:43
DOLS Corinne 22:56
BRUNET Paola 23:20
ALVERHNE Dominique 0:15
ATTIAS Dorit arrêt
BERTHAULT-KORZHYK Annie arrêt
PROMOTION
LUKASHEVICH Nikolaï 19:22
PAILLE Stéphane 20:38
PFISTER William 20:43
PARROT Jean 21:12
SPIESER Jean Paul 21:50
BAUDOUR Raymond 00:05
COURCY Jean Claude 00:23
GRASSI Alain arrêt
VITRY LE FRANCOIS c’est surtout la fête, et cette année Laure BRIQUET a mis les petits plats dans les grands pour que les animations soient à la hauteur de l’exploit. La traditionnelle fanfare assure une partie musicale qui encourage le passage et/ou l’arrivée des concurrents. Les jeunes du club d’athlétisme vont à la rencontre de chaque marcheur, les jeunes gymnastes de l’école nous montrent leur talent, les jeunes sapeurs-pompiers commentent leur vocation et expliquent leur dévouement.Enfin la foule massée des deux côtés des barrières assiste à un véritable spectacle.
URBANOWSKI est encore à plus de 8km/h pour foncer vers VITRY LE FRANCOIS. Pourtant il compte à cet instant 1h15’ de retard sur l’horaire prévu par l’organisation. il a réalisé 211 km durant les 24 premières heures de compétition et il veut creuser un écart maximum avant le repos de SAINT-DIZIER.
Sergueï DVORETSKI n’est pas au mieux et Alexeï en profite pour se rapprocher. Il ne compte plus que 14 minutes de retard. Paul GIG et Philippe MOREL ne réussissent pas à se départager et ils marchent à vue, n’étant séparés que de 400 mètres.
En féminines, cette dernière portion avant un grand repos mérité ne sera pas couverte de la même façon par les 8 marcheuses encore en compétition. En tête, Anne-Marie MESMOUDI conserve une moyenne générale supérieure à 8km/h et arrive à VITRY avant 22h00.
Irina POUTINSEVA n’a pas réussi à creuser un écart suffisant sur sa compatriote Marina TARASSEVICH. Elle ne compte que 18 minutes d’avance, de quoi lui permettre d’assurer la seconde place à l’arrivée.
Très bien entourée par le club roubaisien, Corinne FAUQUEUR-DUDA arrive à VITRY à 1h30. Elle surprend l’ensemble des spectateurs qui découvrent une femme au caractère déterminé et dont les réserves sont loin d’être totalement exploitées.
Claudine ANXIONNAT tient sa 5ème place. Elle a beaucoup marché cette saison pour se préparer et son expérience lui a permis de jouer de régularité pour terminer cette étape.
Corinne DOLS découvre le Colmar et son sourire permanant confirme le bonheur qu’elle ressent à chaque pas. Son habitude de ne pas dormir la nuit l’a certainement aidé pour rester éveillée, et ses équipiers sont admiratifs et enchantés de vivre une telle aventure.
Cest aussi le cas pour Paola BRUNET qui connait bien Colmar après avoir suivi et encadré son mari durant 3 éditions. Cette année, c’est elle qui est sous les feux de la rampe et elle compense son manque d’entraînement par un mental exceptionnel et une préparation sophrologique bien adaptée.
Dominique ALVERNHE rejoint VITRY dans les délais, mais que de souffrances. Pour cette ancienne marcheuse de vitesse, habituée aux épreuves sur piste, quelle découverte que la marche de grand fond ! Même si en 2006 elle avait beaucoup appris en accompagnant Sylvie MAISON, cette année, elle réalise son rêve, mais elle le paye au prix fort.
La catégorie promotion stoppe également à VITRY et Nicolaï LUKASHEVICH remporte cette première grande étape en l’ayant mené de bout en bout.
Stéphane PAILLE n’a rien pu faire face à la jeunesse et au style du jeune Biélorusse. Stéphane a cependant trouvé le mordant pour grapiller quelques minutes à son compatriote William PFISTER. Le président de l’A.S.M. BAR LE DUC a souffert pour franchir le cap des 200 kilomètres.
Jean-Paul SPIESER se traîne sur la route pour rejoindre l’arrivée, et Jean PARROT s’octroie la 4ème place.
Raymond BAUDOUR doit son salut (qui pour une fois n’est pas militaire, quoi que) à des recrues de son régiment. Ces jeunes hussards parachutistes sont placés au bord de la route à chaque kilomètres. Ils vont ainsi se relayer à ses côtés en recevant une véritable leçon de courage et de volonté de la part de Raymond. Le Colonel se doit de montrer l’exemple, et cet accompagnement inattendu lui permet de retrouver la force pour rallier VITRY.
Jean-Claude COURCY en termine avec sa régularité et il conserve 55 minutes d’avance sur l’horaire limite.
Classements à VITRY LE FRANCOIS - KM 215.100 :
ELITES
URBANOWSKI Grégor-Adam 19:26
DVORETSKI Sergueï 20:13
RODIONOV Alexeï 20:27
GILG Paul 21:00
MOREL Philippe 21:04
HEINRICH Thierry 21:26
COSTILS Alain 22:12
BOUFFLERT Kora 22:23
SIMON Zdenek 22:58
FRECHENGUES Bernard 23:06
MARECHAL Pascal 23:49
DUFRIEN Pascal 0:04
VARIN Sylviane 0:07
GEORGELIN Serge 0:16
ALBRECHT Jacky 0:31
GIROD Urbain 1:15
REGY David arrêt
FEMMES
MESMOUDI Anne Marie 21:50
POUTINTSEVA Irina 22:56
TARASSEVICH Marina 23:14
FAUQUEUR DUDA Corinne 1:32
ANXIONNAT Claudine 2:01
DOLS Corinne 2:13
BRUNET Paola 2:51
ALVERHNE Dominique 4:23
ATTIAS Dorit arrêt
BERTHAULT-KORZHYK Annie arrêt
PROMOTION
LUKASHEVICH Nikolaï 22:03
PAILLE Stéphane 23:30
PFISTER William 23:49
PARROT Jean 00:21
SPIESER Jean Paul 02:00
COURCY Jean Claude 04:05
BAUDOUR Raymond 04:26
GRASSI Alain arrêt
Il reste 38 kilomètres pour aller au repos et les 16 élites encore en compétition doivent lutter contre le sommeil. La météo est assez clémente et l’envie d’avancer se lit sur chacun des visages. Il faut tout donner pour aller à SAINT-DIZIER se reposer.
Grégor est le seul à réaliser les 14 kilomètres jusqu’à LARZICOURT en moins de 2h00. Il est bien renseigné et connait parfaitement le parcours. L’an dernier, il luttait pour revenir sur Sergueï DVORETSKI. En 2007, le leader Polonais gère parfaitement sa marche et controle à distance ses poursuivants.
22h00 : l’annonce est brutale et inattendue. Sergueï DVORETSKI arrête à l’entrée de LARZICOURT. Victime d’une rupture d’un tendon, il est contraint à l’abandon et disparait de l’épreuve aussitôt. Quelle surprise et quelle déception pour celui que l’on voyait résister au leader. Quelle aubaine également pour Alexeï RODIONOV qui récupère une 2ème place inespérée avant le repos. Alexeï qui stabilise son écart autour d’une heure avec le Polonais URBANOWSKI.
Paul GILG vient d’apprendre qu’il occupe maintenant la 3ème position et se sent pousser des ailes.Il distance encore un peu plus Philippe MOREL.
Phiphi n’est pas au mieux durant cet intermédiaire et il sent Thierry HEINRICH revenir derrière lui. Titi jusque là très discret n’a pas fait parler de lui et est en 5ème position, seulement 20 minutes derrière MOREL. Certainement l’un des plus réguliers depuis le départ, Thierry découvre cette deuxième nuit consécutive sans dormir, et ses accompagnateurs, motivés et très bien structurés sont tous là pour l’entourer.
Alain COSTILS est prudent, il devance toujours Kora BOUFFLERT qui engrange les kilomètres sans aucun problème.
Bernard FRECHENGUES en pleine bourre a passé le Tchèque SIMON et son copain Pascal DUFRIEN.
MARECHAL, VARIN, GEORGELIN et ALBRECHT progressent tous devant le Suisse GIROD qui bénéficie encore d’1h15’ de marge sur l’horaire de fermeture des PCS.
00H30 : Je laisse le PCS de VITRY pour retourner à SAINT-DIZIER. En route, je m’arrête à LARZICOURT pour voir le classement et pour leur donner des informations concernant l’arrière de l’épreuve. Je suis aussitôt happé verbalement par les rares personnes encore présentes. Je suis le premier officiel à m’arrêter et les volontaires qui tiennent le poste depuis des années m’en font la remarque. A ce moment, Roland MAURY me rejoint. J’explique à ceux qui veulent m’entendre que cette année, les féminines et la catégorie promotion ont arrêté à VITRY et les officiels sont restés pour accueillir les leader des deux catégories. Mais la compétition élites continue, et ils ont donc dû remonter sans perdre de temps à SAINT-DIZIER pour être présents pour l’arrivée du premier au repos. Roland explique que chaque année il ferme chaque PCS et il vient les voir pour récupérer la feuille récapitulative du classement. L’ambiance se détend et nous parlons du bon vieux temps, des années 80 et 90 en commentant de nombreuses anecdotes. Je pense effectivement que nous devons nous répartir afin que chaque volontaire au Poste Contrôle Signature nous voit, c’est important.
Classement à LARZICOURT - KM 229.800 :
ELITES
URBANOWSKI Grégor-Adam 21:24
RODIONOV Alexeï 22:27
GILG Paul 23:10
MOREL Philippe 23:26
HEINRICH Thierry 23:46
COSTILS Alain 0:25
BOUFFLERT Kora 0:53
FRECHENGUES Bernard 1:10
SIMON Zdenek 1:22
DUFRIEN Pascal 2:30
MARECHAL Pascal 2:35
VARIN Sylviane 2:51
GEORGELIN Serge 3:00
ALBRECHT Jacky 3:15
GIROD Urbain 3:44
DVORETSKI Sergueï arrêt
REGY David arrêt
La nuit est agréable et URBANOWSKI est le seul à rester au dessus de 8km/h durant ces 23 derniers kilomètres avant le repos. Il compte cependant près de deux heures de retard sur l’horaire prévu, mais sa régularité et l’arrêt surprise de DVORETSKI lui assurent une avance confortable d’une heure et onze minutes sur RODIONOV à SAINT-DIZIER. Le métronome Polonais maîtrise parfaitement ces longues lignes droites du côté d’ECLARON et il tend sa feuille de contrôle juste après minuit.
- 01h29 : Alexeï, qui me surprend agréablement par sa performance, arrive fatigué et se trouve isolé avec 1h09 d’avance sur Paul GILG.
- 02h05 : le leader Polonais se réveille. Comme à son habitude, il s’étire longuement, prend le temps de s’échauffer, de se ravitailler et dès que la feuille lui est rendue, il retrouve ses marques en s’éloignant dans la nuit.
- 02h30 : Paul GILG, l’alsacien arrive lui aussi très fatigué mais il a conservé une dizaine de minutes d’avance sur Philippe MOREL. Paul et Philippe se battent pour le podium, mais aussi et surtout pour la place de meilleur français. Après la blessure survenue au Russe DVORETSKI, l’un et l’autre réalisent que rien n’est encore fait et que la journée du vendredi pourrait leur réserver des surprises. Le podium sera à ce prix.
- 3h10 : un orage d’une extrême violence s’abat sur la salle des fêtes. Le tonnerre et les éclairs sont impressionnants. Alexeï se réveille et doit repartir sous la pluie. Ce sont les aléas de cette marche sans comparaison, certains dorment profondément et d’autres doivent repartir quel que soit le temps. Je profite de cette longue nuit pour discuter avec Maurice CHAMPMARTIN, un ancien grand marcheur de STRASBOURG-PARIS et avec qui j’ai marché durant mon tout premier PARIS-COLMAR en 1987. Pour moi, parler avec Maurice c’est ressasser des milliers de souvenirs, de musiques militaires, de circuits sélectifs, et de souffrances entre DOMPAIRE et EPINAL...
- 3h22 : Ces derniers kilomètres dans la nuit noire et sous des trombes d’eau ont fait des dégats et Thierry HEINRICH qui découvre la catégorie élites réalise à quel point mes mises en garde sur la difficulté d’effectuer 253 kilomètres sans interruption étaient justes. Thierry qui veut terminer ce premier "grand" Colmar est là pour apprendre. Il est très bien préparé et son équipe gère parfaitement cet arrêt de 2h00.
Alain COSTILS arrive un quart d’heure après et son équipe du SPN VERNON le prend en charge. Il est calme et lui aussi n’a pour seul objectif que d’aller au bout et de faire le mieux possible. Ses déboires de l’année 2006 sont loins et il a tiré de bons enseignements de ce qui pour lui a été un véritable échec.
Bernard FRECHENGUES n’était pas celui que j’attendais à cette 7ème place. Mais Bernard a terminé en trombe en réalisant le 3ème temps intermédiaire.
Kora a défendu chèrement sa 8ème place mais a souffert la martyr pour rejoindre la ville étape. Eric, son mari est heureux et inquiet. Heureux d’être déjà arrivé au repos en bonne forme, mais très inquiet sur la gestion des 2h00 et sur le redémarrage au lever du jour.
Zdenek SIMON est revenu a deux minutes de Kora et la vue en permanence des feux du camping-car suiveur de Kora l’ont certainement aidés à ne pas dormir et lui ont servi de point de repère. Comme Kora, Zdenek est un peu penché, mais bien moins que ce que nous avons déjà vu.
La pluie s’est arrêtée et le jour s’est déjà levé lorsqu’arrive Pascal DUFRIEN. Il est 6h08 et bien entouré par ses copains sénartais, Pascal va apprécier cette pause tant espérée.
Je retourne au devant des derniers marcheurs pour voir leur position et savoir s’ils rentreront dans les temps. A ma grande surprise, les cinq derniers concurrents encore sur la route sont groupés en moins de 5 kilomètres et ils arriveront tous avant 7h00. Pascal Marechal, Sylviane VARIN, Serge GEORGELIN, Jacky ALBRECHT et Urbain GIROD. Je suis heureux, le Suisse a réussi à marcher à plus de 7 km/h et pour 3 minutes, il continuera son aventure. La marge est faible mais un bon repos sera salvateur.
Dire que j’ai connu des années où les derniers arrivés au repos avaient près de 12h00 de retard sur le premier et pourtant ils continuaient. Aujourd’hui, Urbain arrive avec un retard de 6h39 et pourtant il fleurte avec la fermeture des contrôles et sa marge est infime.
Alain PETIT, le responsable des podologues est surpris de constater les bienfaits prodigués lors de son intervention pendant le stage en janvier. Les pieds sont mieux préparés dans l’ensemble, l’organisation de l’arrêt-repos est meilleure au sein des équipes et son intervention en est facilitée.
Fabrice, le toubib s’est écroulé sur un matelas. Il laisse exprimer sa ventilation à qui veut l’entendre... Lui, le spécialiste du coeur, .... respire la santé.
Classement à SAINT-DIZIER - KM 253.100 :
URBANOWSKI Grégor-Adam 0:18
RODIONOV Alexeï 1:29
GILG Paul 2:30
MOREL Philippe 2:39
HEINRICH Thierry 3:22
COSTILS Alain 3:37
FRECHENGUES Bernard 4:15
BOUFFLERT Kora 4:54
SIMON Zdenek 4:56
DUFRIEN Pascal 6:08
MARECHAL Pascal 6:29
VARIN Sylviane 6:36
GEORGELIN Serge 6:38
ALBRECHT Jacky 6:42
GIROD Urbain 6:57
DVORETSKI Sergueï arrêt
REGY David arrêt
Repartir après le repos est toujours un exercice difficile. Certains le font en pleine nuit, d’autres le font en plein jour, certains sont repartis sous une pluie battante, les derniers ont remarché bien après le lever du soleil. Durant ce tronçon vallonné entre SAINT-DIZIER et BAR LE DUC, seulement deux marcheurs ont mis plus de 4h00, Thierry HEINRICH et Pascal Marechal. Ils souffrent tous les deux de la plante des pieds et le repos de 2h00 a accru la douleur. Ils marchent maintenant sur des oeufs.
Grégor-Adam URBANOWSKI a eu du mal lui aussi et Alexeï RODIONOV, bien renseigné en a profité pour grapiller un précieux quart d’heure.
La distance annoncée n’est pas exacte et à mon compteur de voiture je relève 25,5 kilomètres au lieu des 19,9 prévus. Les moyennes sont donc erronées. Celà s’équilibrera au prochain contrôle.
De tous les concurrents encore en course, Philippe MOREL est celui qui est le mieux reparti. Paul GILG qui n’a pas réussi à dormir durant les deux heures d’arrêt ne compte plus que deux minutes d’avance sur Phiphi en traversant le grand boulevard de la Rochelle. Et oui, l’emplacement du poste de contrôle barisien a changé et c’est mieux ainsi. Pour les commerçants et pour le public, il est plus intéressant de se retrouver en centre ville.
Alain COSTILS ne rééditera pas ses erreurs de 2006 et arrive en pleine possession de ses moyens pour passer BAR.
Bernard FRECHENGUES pointe une minute derrière HEINRICH, et Kora qui contient toujours le Tchèque SIMON compte maintenant une heure pleine sur FRECHENGUES.
En 14ème position, Jacky ALBRECHT arrive dans sa ville en ayant conservé et utilisé les points de mire qui le précédaient. Sylviane VARIN, Serge GEORGELIN, Pascal Marechal et Jacky ALBRECHT sont maintenant regroupés en 11 minutes.
Mais à regarder devant, ils ne voient pas revenir sur eux la fusée Urbain GIROD. Le Suisse, qui a très bien géré son repos et qui est très bien reparti ne compte que 8 minutes de retard sur le barisien et il dispose d’une marge d’1h20’ au passage du contrôle.
La route sera longue mais tout est possible.
Classement à BAR LE DUC - KM 273.000 :
ELITES
URBANOWSKI Grégor-Adam 5:57
RODIONOV Alexeï 6:54
GILG Paul 7:59
MOREL Philippe 8:01
COSTILS Alain 9:07
HEINRICH Thierry 9:39
FRECHENGUES Bernard 9:40
BOUFFLERT Kora 10:40
SIMON Zdenek 10:45
DUFRIEN Pascal 11:52
VARIN Sylviane 12:21
GEORGELIN Serge 12:28
MARECHAL Pascal 12:31
ALBRECHT Jacky 12:32
GIROD Urbain 12:40
DVORETSKI Sergueï arrêt
REGY David arrêt
Le parcours entre BAR et LIGNY a été modifié depuis quelques années, la sortie de BAR est moins dangereuse et les marcheurs ne sont plus gênés par l’importante circulation de la grande route. Celle de SAVONNIERES est agréable, moins linéaire et moins monotone.
A peine une heure sépare URBANOWSKI le leader de son dauphin RODIONOV. Philippe MOREL suit Paul GILG à moins d’une minute et Alain COSTILS creuse l’écart avec ses poursuivants.
Bernard FRECHENGUES a dépassé Thierry HEINRICH. Titi qui voulait tant traverser LIGNY en fanfare ce vendredi matin, mais Thierry ne peut plus poser les pieds au sol. Dans un style à demi-assis, il doit encore parcourir 98 kilomètres pour rejoindre MIRECOURT.
A l’arrière, le club des cinq surveille les horaires de fermeture et ils se tiennent échelonnés sur la route en une demi-heure. C’est Sylviane qui mène le groupe, suivie de Jacky ALBRECHT et Pascal Marechal. Enfin, Urbain a rejoint Serge et les deux derniers passent ensemble le PCS de LIGNY.
Classement à LIGNY-EN-BARROIS - KM 293.300 :
ELITES
URBANOWSKI Grégor-Adam 8:25
RODIONOV Alexeï 9:23
GILG Paul 10:23
MOREL Philippe 10:24
COSTILS Alain 11:40
FRECHENGUES Bernard 12:17
HEINRICH Thierry 12:40
BOUFFLERT Kora 13:12
SIMON Zdenek 13:32
DUFRIEN Pascal 14:31
VARIN Sylviane 15:12
ALBRECHT Jacky 15:28
MARECHAL Pascal 15:35
GIROD Urbain 15:43
GEORGELIN Serge 15:45
DVORETSKI Sergueï arrêt
REGY David arrêt
Grégor-Adam URBANOWSKI marche encore à près de 7,5 km/h et pourtant il compte plus de trois heures de retard sur l’horaire prévu. Ce vendredi s’annonce chaud et lourd, cette météo ne facilitera pas la progression de nos marcheurs. Alexeï n’est pas vraiment mieux, mais il réussit à grapiller une dizaine de minutes et celà permet d’entretenir un petit suspens. Et si Grégor venait à craquer, et si Alexeï réussissait à le rattraper, et si, et si....
Avec des si, combien de marcheurs auraient pu rejoindre ou gagner cette légende. Mais seule la route et les marcheurs inscrivent leur traces dans l’histoire et tous les connaisseurs ne se laissent pas prendre au jeu des conditions et des hypothèses. Les passionnés, habitués de cette aventure, savent que Grégor-Adam URBANOWSKI va gérer ce passage à vide et repartir de plus belle pour construire une dizième succès.
Le passage à LIGNY a été bénéfique pour Philippe MOREL. La ville d’origine de son épouse et de toute sa belle famille lui a donné des ailes et il assure un excellent tronçon sur des routes qu’il connait parfaitement. Il distance Paul GILG qui accuse le coup, et par la même occasion, il conforte sa place de premier français. Il commence à entrevoir sérieusement le podium. Connaissant le bonheur d’une troisième place qu’il a déjà obtenu en 2005, il ne doit rien laisser échapper pour récupérer ce bien acquis par David REGY l’an passé.
Bernard FRECHENGUES lève un peu le pied après avoir dépassé Thierry HEINRICH, mais Kora ne fait pas de bruit et recolle à deux petites minutes du meusien.
Sylviane VARIN a accru son avance sur Jacky ALBRECHT et Serge GEORGELIN a repris des forces, il a dépassé Pascal Marechal et a distancé Urbain GIROD. Le Suisse compte toujours 45 minutes de marge sur l’horaire de fermeture, mais ses arrêts pour soigner ses pieds lui ont fait perdre de précieuses minutes.
Classement à DEMANGE AUX EAUX - KM 313.200 :
ELITES
URBANOWSKI Grégor-Adam 11:07
RODIONOV Alexeï 11:56
MOREL Philippe 13:05
GILG Paul 13:34
COSTILS Alain 14:25
FRECHENGUES Bernard 15:26
HEINRICH Thierry 15:53
BOUFFLERT Kora 15:55
SIMON Zdenek 16:38
DUFRIEN Pascal 17:16
VARIN Sylviane 18:14
ALBRECHT Jacky 18:47
GEORGELIN Serge 18:48
MARECHAL Pascal 18:51
GIROD Urbain 19:15
DVORETSKI Sergueï arrêt
REGY David arrêt
Etait-ce une ruse, un passage à vide ou un moment de calme ? Nous n’aurons jamais la réponse, mais ce qui est sûr, c’est que le Polonais a repris sa marche en avant et Alexeï a mis de côté toutes ses illusions de revenir sur la tête. Le podium se dessine de plus en plus puisqu’à GONDRECOURT, URBANOWSKI compte une heure d’avance sur le Russe et plus de deux heures sur Philippe MOREL.
Alain COSTILS qui gère parfaitement son tableau de marche est le seul avec URBA à marcher encore à plus de 7km/h.
Kora qui impressionne tous les spectateurs par sa rigidité et l’amplitude de sa foulée a dépassé Thierry HEINRICH qui marche dans une position très inconfortable.
Jacky ALBRECHT, Serge GEORGELIN et Pascal Marechal se tiennent en 10 minutes et comptent encore une marge d’une heure sur l’horaire de fermeture du poste.
Malheureusement, le Suisse GIROD a mis un dernier pied à terre. Il est maintenant assis sur une chaise et il écoute les mots rassurants de ses équipiers. La sagesse veut qu’il arrête juste après le passage au poste contrôle. Ce sont des moments difficiles qu’il faut savoir accepter et qu’il faut utiliser pour mieux revenir. J’ai pour exemple Alain COSTILS que j’avais vu vidé et écoeuré à BAR LE DUC en 2006 et qui marche sans hésiter cette année.
Classement à GONDRECOURT LE CHATEAU - KM 322.700 :
ELITES
URBANOWSKI Grégor-Adam 12:23
RODIONOV Alexeï 13:22
MOREL Philippe 14:29
GILG Paul 15:01
COSTILS Alain 15:43
FRECHENGUES Bernard 16:51
BOUFFLERT Kora 17:18
HEINRICH Thierry 17:29
SIMON Zdenek 18:10
DUFRIEN Pascal 18:45
VARIN Sylviane 19:54
ALBRECHT Jacky 20:24
GEORGELIN Serge 20:25
MARECHAL Pascal 20:34
GIROD Urbain arrêt
DVORETSKI Sergueï arrêt
REGY David arrêt
NEUFCHATEAU restera pour l’année 2007 une année particulière puisque la citée vosgienne sert de départ aux catégories féminines et promotion pour leur deuxième étape. Mais que la route est longue et difficile pour rejoindre cette commune encaissée. La succession de montées et de descentes au passage d’AVRAINVILLE, de CHERMISEY, de SIONNE ou de FREBECOURT oblige chaque concurrent à relancer sans cesse et impose de grosses contraintes aux pieds déjà lourdement meurtris.
Seuls deux métronomes arrivent à maintenir un rythme supérieur à 7km/h et ce sont encore URBANOWSKI et COSTILS comme lors du tronçon précédent. Durant ces 32 kilomètres, les minutes s’additionnent très vite et les écarts se creusent irrémédiablement.
Paul GILG qui souffre depuis plusieurs kilomètres a laissé filer Philippe MOREL. L’alsacien est maintenant sous la menace d’Alain COSTILS. Le sociétaire du SPN VERNON réalise durant cet intermédiaire l’un des plus gros écarts, il a repris une demi-heure à Paul qui le précède, tout en collant une demi-heure à Bernard FRECHENGUES son poursuivant. Alain est confiant et sait que tout peut arriver, le podium à cet instant de l’épreuve, est à une bonne heure devant.
Kora BOUFFLERT est elle aussi très à l’aise sur ce parcours. Elle a passé Thierry HEINRICH qui n’a opposé aucune résistance, et elle compte même une heure d’avance sur le Tchèque Zdének SIMON.
Les quatre derniers se sont maintenant écartés puisque deux heures séparent Pascal DUFRIEN de Jacky ALBRECHT. Pascal Marechal a du lui aussi mettre un terme à son périple, le médecin lui interdisant de reposer les pieds au sol durant 4 jours au moins. Le corps humain a ses limites et la prolongation des souffrances devient inutile dès lors que l’on ne peut plus rentrer dans les délais.
Moins blessé mais tout aussi fatigué, Jacky ALBRECHT franchit le PCS de NEUFCHATEAU, mais se trouve stoppé après son passage. Grosse déception pour le barisien, mais je note un très bon esprit au sein de son équipe et j’espère que nous reverrons Jacky qui a le potentiel pour aller à COLMAR.
Classement à NEUFCHATEAU - KM 354.400 :
ELITES
URBANOWSKI Grégor-Adam 16:48
RODIONOV Alexeï 17:57
MOREL Philippe 19:07
GILG Paul 20:02
COSTILS Alain 20:13
FRECHENGUES Bernard 21:50
BOUFFLERT Kora 22:20
HEINRICH Thierry 23:12
SIMON Zdenek 23:24
DUFRIEN Pascal 23:56
VARIN Sylviane 1:02
GEORGELIN Serge 1:33
ALBRECHT Jacky 1:50
MARECHAL Pascal arrêt
GIROD Urbain arrêt
DVORETSKI Sergueï arrêt
REGY David arrêt
Le leader parmi les élites aurait du passer NEUFCHATEAU en début d’après-midi d’après l’horaire estimé et les concurrents des catégories féminines et promotion n’auraient jamais dû se retrouver en tête de la compétition. Mais, la route en a décidé autrement et à 15h00, bien avant le passage du Polonais, une foule était réunie. Elle applaudissait les 8 femmes et les 7 promotions sur la ligne de départ improvisée devant le PCS.
Comment allaient se comporter ces concurrents après un repos de plusieurs heures ? Comment allaient-ils aborder cette longue côte dès la sortie de la ville ? Les femmes iront-elles encore plus vite que le meilleur promotion pour aller jusqu’à MIRECOURT ? Autant de questions que les spectateurs et les fidèles accompagnateurs pouvaient se poser avant ce second départ.
Dès les premiers hectomètres, une première réponse est dévoilée. Les corps et les pieds ont récupéré, mais c’est un homme, notre surprenant Jean-Paul qui mène la ronde. SPIESER a attaqué comme à son habitude dès le départ, et il marche fièrement en tête au passage de CHATENOIS.
LUKASHEVICH et PFISTER suivent à deux minutes et Stéphane PAILLE se contente de contrôler la situation en restant en embuscade.
Jean-Claude COURCY maintient son 6,5 km/h de moyenne et Raymond BAUDOUR ferme la marche en catégorie promotion.
En féminines, nous assistons à un mano à mano impressionnant entre Anne-Marie MESMOUDI et Irina POUTINSEVA. Ces deux femmes marchant au coude à coude et se rendant coup pour coup vont animer cette étape en assurant un véritable spectacle. Quelle démonstration de marche avec deux styles différents mais impeccables avec déjà 230 kilomètres dans les jambes. Pas de sourires, pas de regards, mais une volonté individuelle de montrer à l’autre qui est la plus forte.
En devançant le jeune LUKASHEVICH au passage de CHATENOIS, elles prouvent la valeur de leur performance.
Marina TARASSEVICH n’a pas pu suivre ce rythme imposé par ses devancières. Elle se contente de gérer son écart avec Corinne FAUQUEUR-DUDA sur qui elle compte encore une demi-heure d’avance. Lorsque l’on a vu la Biélorusse se faire soigner à VITRY et lorsque l’on connait la gravité de ses blessures, on ne peut qu’être impressionné en la voyant remarcher quelques heures après. Respect Marina !
Corinne DOLS et Dominique ALVERNHE marchent ensemble et sont reparties plus prudemment.
Dans la catégorie élites, après 368 kilomètres, seul Grégor-Adam URBANOWSKI conserve une moyenne générale supérieure à 8km/h. Pourtant durant ce passage difficile, le Polonais accuse un coup de chaud et de fatigue. Il progresse à 6,5 km/h et Alexeï en profite pour grapiller quelques 7 minutes, il revient ainsi à une heure du leader.
Alain COSTILS qui est le seul concurrent à marcher au dessus de 7 de moyenne effectue une excellente opération lors de ces 14 kilomètres. Il dépasse en atomisant Paul GILG en grande difficulté. Alain COSTILS comprend que tout est possible et que le podium n’est pas si loin.
Bernard FRECHENGUES est aussi victime du sommeil et du coup, Kora qui se maintenait en embuscade se retrouve à seulement 13 minutes derrière le Seine et Marnais. Kora qui ne baisse pas les bras a définitivement distancé un Thierry HEINRICH dont la progression force l’admiration.
A CHATENOIS, le contrôle doit fermer à 3h15. Malheureusement, un imbroglio incroyable permet de laisser passer Sylviane VARIN à 3h50 et Serge GEORGELIN à 4h10. L’un et l’autre auraient dû être stoppés et classés dans cette cité vosgienne.
Roland MAURY, retourné en arrière jusqu’à NEUFCHATEAU pour s’assurer qu’il n’y avait plus de concurrent derrière arrive à CHATENOIS à 4h00. Il stoppe Serge GEORGELIN et le classe alors que celui-ci vient de quitter la petite commune.
Entre-temps, Sylviane qui s’est refait une santé marche à 8km/h et peut encore espérer rejoindre MIRECOURT avant 7h00. Nicolas CHATILLON, un de ses accompagnateurs me téléphone pour savoir jusqu’à quelle heure ils peuvent arriver à MIRECOURT.
La réponse est claire, l’heure limite est 7h00, mais je ne sais pas exactement où ils se situent et combien de kilomètres ils leur restent à parcourir.
Classement à CHATENOIS - KM 368.400 :
ELITES
URBANOWSKI Grégor-Adam 18:57
RODIONOV Alexeï 19:59
MOREL Philippe 21:22
COSTILS Alain 22:12
GILG Paul 22:37
FRECHENGUES Bernard 0:27
BOUFFLERT Kora 0:40
HEINRICH Thierry 1:30
SIMON Zdenek 1:47
DUFRIEN Pascal 2:36
VARIN Sylviane 3:50
GEORGELIN Serge 4:10
ALBRECHT Jacky arrêt
MARECHAL Pascal arrêt
GIROD Urbain arrêt
DVORETSKI Sergueï arrêt
REGY David arrêt
FEMMES
MESMOUDI Anne Marie 16:46
POUTINTSEVA Irina 16:46
TARASSEVICH Marina 16:59
FAUQUEUR DUDA Corinne 16:51
ANXIONNAT Claudine 16:52
DOLS Corinne 17:12
BRUNET Paola 17:04
ALVERHNE Dominique 17:12
ATTIAS Dorit arrêt
BERTHAULT-KORZHYK Annie arrêt
PROMOTION
LUKASHEVICH Nikolaï 16:48
PAILLE Stéphane 16:50
PFISTER William 16:48
PARROT Jean 16:51
SPIESER Jean Paul 16:44
COURCY Jean Claude 17:09
BAUDOUR Raymond 17:19
GRASSI Alain arrêt
Le spectacle est superbe entre les deux premières féminines et leur lutte est de toute beauté. Avec des allures différentes, elles donnent tout ce qu’elles ont en elles pour gagner des secondes voire des minutes. Mais, elles ne parviennent pas à devancer Jean-Paul SPIESER.
Jean-Paul que l’on voyait flâner sur chaque circuit sélectif se révèle véritablement durant ce NEUILLY-VITRY-COLMAR et le vosgien déploie tout son talent pour faire honneur à sa sélection. Il devra encore écouter les conseils et améliorer sa technique, mais sa réserve de force est inépuisable et il surprend au fur et à mesure des kilomètres.
Malgré leurs prouesses, ni les féminines ni la promotion n’arrivent à respecter l’horaire prévu par l’organisation. Dans la cité du luth, ils pointent avec 40 minutes de retard sur les prévisions. Que dire du champion Polonais qui arrivera lui vers 23h00, en comptant plus de 3 heures et demi de retard sur l’horaire estimé. La solution pour qu’un marcheur parti de NEUILLY soit toujours devant n’est pas encore au point, mais nous devrons y réfléchir.
Sans être chauvin, il est normal de revenir sur la performance de Jean-Paul SPIESER, ce vosgien qui voulait entrer en tête à MIRECOURT. Jean-Paul n’est pas réputé pour être un marcheur de vitesse, mais la quarantaine de kilomètres qu’il devait effectuer ce vendredi n’a finalement été qu’une formalité pour celui qui marche tous les week-end sur toutes les routes de France et de Navarre. L’habitude de marcher au quotidien a certainement fait une grande différence lors de cette étape.
A l’inverse, Jean PARROT qui relevait de blessure et Raymond BAUDOUR trop pris par ses occupations professionnelles ont eu beaucoup de mal à relancer les bras et les jambes et aucun des deux n’a pu franchir la barre des 6 km/h.
Ce constat de méforme a pu se vérifier dans la catégorie féminines. Autant Anne-Marie et Irina ont déroulé une belle foulée sur ce parcours vallonné, autant Corinne DOLS, Paola BRUNET et Dominique ALVERHNE ont souffert durant cette petite traversée des Vosges. 8 féminines et 7 marcheurs de la promotion ont cependant tous devancé le maître Polonais. Grégor n’a pas réédité l’expérience de 2006 où il avait réussit à creuser un écart conséquent juste avant le repos. Cette année, URBANOWSKI s’est contenté de gérer sa douleur et son rythme pour contenir le russe RODIONOV .
Philippe MOREL termine lui aussi en controlant ses arrières et notament le retour d’Alain COSTILS, bien emmené par Gilles LETESSIER et Bernard GICQUEL.
Paul GILG perd une heure sur le sociétaire du SPN VERNON et Bernard FRECHENGUES a distancé d’une demi-heure Kora BOUFFLERT. Kora impressionne par son calme et sa lucidité. Elle prouve qu’une femme peut rivaliser avec les hommes, et à la regarder, je la trouve moins fatiguée que l’an passé à son arrivée ici à MIRECOURT.
Zdenek SIMON arrive 3 minutes devant Thierry HEINRICH. Titi a tenu et la douleur qui n’a fait que s’amplifier depuis SAINT-DIZIER. Elle a transformé son périple en un véritable calvaire.
Pascal DUFRIEN a toujours une demi-heure d’avance sur l’heure de fermeture et nous attendons la dernière minute pour voir arriver Sylviane VARIN qui sauve son Colmar pour une petite minute. Elle réalise ce tronçon entre CHATENOIS et MIRECOURT à 7,27 km/h, soit 1,20 km/h plus vite qu’URBANOWSKI. Chapeau bas pour cette performance Sylviane, mais à l’avenir, il faudra mieux répartir les efforts pour éviter de se faire peur et de se retrouver sous le couperet de la guillotine au passage des différents contrôles.
8h10 : le contrôle de MIRECOURT est fermé. Je vais enfin prendre une douche et un bon petit déjeuner, mais le téléphone sonne et quelqu’un me demande si je n’ai pas trouvé une paire de chaussures. Je réponds dans l’affirmative mais je ne sais pas à qui elles appartiennent. Ce sont celles de Stéphane PAILLE qui les a oubliées lors des soins auprès du podologue. Pour ma part, il est impossible que je les apporte au départ, mais je serai à FRAIZE et ses équipiers pourront ainsi les récupérer. Selon les dires de ses équipiers, Stéphane dispose de plusieurs paires de chaussures, mais c’est seulement à l’intérieur de celles-ci qu’il se sent le mieux. Je le comprends, ce sont des chaussures...en or.
Classement à l’arrivée à MIRECOURT - KM 391.300 :
URBANOWSKI Grégor-Adam 22:44
RODIONOV Alexeï 23:59
MOREL Philippe 1:17
COSTILS Alain 1:49
GILG Paul 3:10
FRECHENGUES Bernard 4:35
BOUFFLERT Kora 5:09
SIMON Zdenek 5:43
HEINRICH Thierry 5:46
DUFRIEN Pascal 6:25
VARIN Sylviane 6:59
GEORGELIN Serge arrêt
ALBRECHT Jacky arrêt
MARECHAL Pascal arrêt
GIROD Urbain arrêt
DVORETSKI Sergueï arrêt
REGY David arrêt
FEMMES
MESMOUDI Anne Marie 19:53
POUTINTSEVA Irina 19:56
TARASSEVICH Marina 20:29
FAUQUEUR DUDA Corinne 20:13
ANXIONNAT Claudine 20:26
DOLS Corinne 21:12
BRUNET Paola 21:03
ALVERHNE Dominique 21:08
ATTIAS Dorit arrêt
BERTHAULT-KORZHYK Annie arrêt
PROMOTION
LUKASHEVICH Nikolaï 20:03
PAILLE Stéphane 20:13
PFISTER William 20:14
PARROT Jean 21:02
SPIESER Jean Paul 19:51
COURCY Jean Claude 20:53
BAUDOUR Raymond 21:31
GRASSI Alain arrêt
Samedi 9 juin 2007 - CORCIEUX - ville départ de la dernière étape.
Alors que Sylviane vient à peine de franchir l’arrivée à 75 kilomètres de là, CORCIEUX est déjà en fête. Ce petit village perdu au milieu des montagnes et de la forêt, a convié tous ses habitants pour assister au départ de cette belle journée. Les randonneurs, les scolaires, les féminines de l’équipe de France de marche, les concurrents eux-mêmes mais aussi leurs accompagnateurs, se cottoient et s’attablent pour partager un petit déjeuner copieux et convivial. Certains ont profité des bienfaits d’une nuit de sommeil dans un bon gite-refuge. D’autres n’ont pas fermé l’oeil pour accueillir les derniers arrivants dans la salle des fêtes maintenue ouverte pour l’occasion.
C’est devenu une habitude, mais il est important de féliciter les habitants de ce village pour toute l’énergie qu’ils dépensent sans compter, juste pour le bonheur des marcheurs du PARIS-COLMAR et de leurs équipes.
Le temps est redevenu au beau fixe et cette journée s’annonce sous les meilleurs auspices. A 10h00 précises les 26 concurrents encore présents s’élancent pour un tour d’honneur avant de se diriger en direction du col du PLAFOND. Le style n’est pas parfait et je peux comprendre que les derniers aient des difficultés pour poser les pieds au sol. Toute la nuit, j’ai vu les podologues ponctionner des ampoules. La pluie du jeudi a précédé une chaleur lourde hier et les pieds ont macéré dans les chaussures. Les plantes sont meurtries et il est difficile de retrouver une marche efficace et règlementaire.
Ces maux ne concernent pas les premiers qui semblent épargnés par ces souffrances supplémentaires. Peut-être sont-ils mieux entraînés, mieux préparés, plus aguerris ? Je n’ai pas de réponses précises, mais le constat se voit sur la route et dans les trois catégories, la hiérarchie est respectée dès les premiers hectomètres de cette étape.
Je me positionne avec mon père à FRAIZE où cette année, il n’y a pas de poste de contrôle signature. Avec "marchons.com" nous assurerons quand même un classement intermédiaire, et je retrouve Madame et Monsieur BERJOT qui vont eux aussi relever un classement pour Roland MAURY.
L’Alsace-Lorraine est à l’honneur puisque Jean-Paul SPIESER fidèle à ses habitudes de partir vite arrive en tête au pied du col du BONHOMME. Il précède Paul GILG puis Anne-Marie MESMOUDI, bien décidée à mener la vie dure à ses homologues masculins jusqu’à l’arrivée.
Comme les marcheurs ne donnent plus leur feuille de pointage, la circulation est plus fluide. Cependant, en ce deuxième samedi du mois de juin elle n’en reste pas moins dense et il faut faire la police pour résorber les embouteillages. Je rappelle aux concurrents l’obligation de respecter le côté droit de la route, et j’attire l’attention des cyclistes accompagnateurs dans la traversée de PLAINFAING.
Alexeï RODIONOV, Philippe MOREL et Alain COSTILS sont ensemble. Les écarts entre-eux au classement général ne permettent pas un possible changement. Chacun mettra un point d’honneur pour terminer ce Colmar avec fierté et pourquoi pas essayer de franchir la ligne d’arrivée le premier.
En onze kilomètres depuis CORCIEUX, le peloton s’est étiré, mais 8 marcheuses et 17 marcheurs traversent FRAIZE en 34 minutes. L’infirmière de FEYZIN Corinne DOLS étant la dernière à se lancer dans la montée du Col. Ils ne sont en effet plus que 25 car, comme en 2006, où j’avais demandé au médecin d’aller voir Emmanuel HARTMANN pour abréger son calvaire, cette année, c’est Jean PARROT qui ne peut plus poser ses pieds au sol. Assis sur un fauteuil, Jean regarde dans le vide en essayant de capter les conversations autour de lui. Hervé DELARRAS le directeur de l’épreuve est debout face à lui au moment où je les rejoins. La décision de stopper est sage, mais je sais à cet instant que Jean reviendra encore plus fort en 2008 pour terminer ce périple inachevé.
C’est dur de laisser un marcheur sur le bord de la route, mais je sais au combien le Sénart Combs Brie Athlétisme saura le réconforter. Je remonte dans ma voiture pour voir l’ascencion du Col.
Classement au passage à FRAIZE - KM 402.800 :
URBANOWSKI Grégor-Adam 11:34
RODIONOV Alexeï 11:28
MOREL Philippe 11:28
COSTILS Alain 11:28
GILG Paul 11:24
FRECHENGUES Bernard 11:31
BOUFFLERT Kora 11:32
SIMON Zdenek 11:42
HEINRICH Thierry 11:51
DUFRIEN Pascal 11:31
VARIN Sylviane 11:32
GEORGELIN Serge arrêt
ALBRECHT Jacky arrêt
MARECHAL Pascal arrêt
GIROD Urbain arrêt
DVORETSKI Sergueï arrêt
REGY David arrêt
FEMMES
MESMOUDI Anne Marie 11:27
POUTINTSEVA Irina 11:29
TARASSEVICH Marina 11:42
FAUQUEUR DUDA Corinne 11:34
ANXIONNAT Claudine 11:32
DOLS Corinne 11:56
BRUNET Paola 11:47
ALVERHNE Dominique 11:49
ATTIAS Dorit arrêt
BERTHAULT-KORZHYK Annie arrêt
PROMOTION
LUKASHEVICH Nikolaï 11:39
PAILLE Stéphane 11:30
PFISTER William 11:29
SPIESER Jean Paul 11:22
COURCY Jean Claude 11:44
BAUDOUR Raymond 11:45
PARROT Jean arrêt
GRASSI Alain arrêt
URBANOWSKI était passé en quinzième position au pied du col, et il dépasse sept concurrents durant l’ascencion. Une montée impressionnante lorsque l’on regarde les images vidéos, mais pourtant, Grégor souffre et n’arrive pas à dissimuler les rictus de la douleur. Ses accompagnateurs sont confiants, mais le Polonais n’arrive pas à imprimer l’allure qui le caractérise.
La plus rapide entre FRAIZE et le sommet du col est une femme. Anne-Marie MESMOUDI, à près de 8 km/h, a litéralement avalé cette montée sans donner l’impression de forcer. Anne-Marie ne reprend qu’une seule petite minute à sa dauphine. Seul notre Jean-Paul local, national, mérite d’être dans le journal. Jean-Paul se retrouve donc entre les deux premières féminines au moment de basculer vers l’Alsace.
Paul GILG est le premier élite à redescendre dans sa région après une ascencion régulière et bien gérée.
Philippe MOREL, Alain COSTILS, Alexeï RODIONOV et Bernard FRECHENGUES devancent encore le leader de la compétition.
Dans la catégorie promotion, le leader Biélorusse est calé au milieu du peloton tandis qu’à l’arrière, Jean-Claude COURCY devance Raymond BAUDOUR.
En féminines, Corinne DOLS ferme la marche de ce peloton complètement disloqué. Corinne compte un retard d’une heure et quatre minutes par rapport à sa rivale du Stade Français. Qu’importe, l’infirmière lyonnaise maintient 13 petites minutes de marge par rapport à la fermeture du PC. Il lui faudra tenir toute la descente avant de savourer l’arrivée à COLMAR.
Classement au passage en haut du Col du BONHOMME - KM 412.800 :
URBANOWSKI Grégor-Adam 12:58
RODIONOV Alexeï 12:53
MOREL Philippe 12:49
COSTILS Alain 12:49
GILG Paul 12:43
FRECHENGUES Bernard 12:56
BOUFFLERT Kora 12:58
SIMON Zdenek 13:19
HEINRICH Thierry 13:27
DUFRIEN Pascal 13:11
VARIN Sylviane 13:00
GEORGELIN Serge arrêt
ALBRECHT Jacky arrêt
MARECHAL Pascal arrêt
GIROD Urbain arrêt
DVORETSKI Sergueï arrêt
REGY David arrêt
FEMMES
MESMOUDI Anne Marie 12:43
POUTINTSEVA Irina 12:46
TARASSEVICH Marina 13:17
FAUQUEUR DUDA Corinne 13:05
ANXIONNAT Claudine 13:04
DOLS Corinne 13:47
BRUNET Paola 13:28
ALVERHNE Dominique 13:27
ATTIAS Dorit arrêt
BERTHAULT-KORZHYK Annie arrêt
PROMOTION
LUKASHEVICH Nikolaï 13:02
PAILLE Stéphane 12:52
PFISTER William 12:58
SPIESER Jean Paul 12:42
COURCY Jean Claude 13:15
BAUDOUR Raymond 13:21
PARROT Jean arrêt
GRASSI Alain arrêt
Pour n’importe quel spectateur non initié, la descente du col devrait n’être qu’une simple formalité. Pour nous autres connaisseurs, ces 20 kilomètres qui nous dirigent vers la plaine d’Alsace et sa route des vins sont interminables. Dès les premiers virages de la descente, les ongles de pieds butent sur l’avant des chaussures et provoquent des douleurs insoutenables. Même le plus grand des marcheurs, le Polonais URBANOWSKI se renferme pour mieux se concentrer. Chaque pas est posé au bon endroit, le moindre trou dans le bitume provoque une grimace ou une mimique. Quelques passages sont à 12 et 13% de dénivelé et les muscles des cuisses et les fessiers font mal.
Seul Alain COSTILS marchera à plus de 9 km/h lors de ces 20 kilomètres. Très appliqué, concentré et motivé par un podium qui lui tend les bras, Alain se rapproche à 21 minutes de Philippe MOREL, et tout peut encore arriver dans le dernier tronçon.
Mais Philippe, comme Bernard FRECHENGUES marche au dessus de 8 km/h. Ils sont les seuls à maintenir cette allure et ils ne perdent qu’une grosse dizaine de minutes seulement sur Alain.
Sylviane VARIN traverse le village du BONHOMME en compagnie de Florent, mais malheureusement, la présence de cet équipier supplémentaire n’anéantit pas ses souffrances. Elle doit tenir encore deux bonnes heures avant de terminer son exceptionnel parcours.
Anne-Marie MESMOUDI à l’inverse est sur un nuage durant cette descente du col. A presque 9 kilomètres à l’heure, elle ouvre la route avec son maillot jaune et se permet de devancer tous les concurrents restants en marche. Sans jamais se retourner et en utilisant son style d’ex-marcheuse de vitesse, elle allonge sa foulée pour traverser KAYSERSBERG au milieu d’une foule impressionnante. Ce samedi de juin a attiré des centaines de touristes et poussée par une musique cadencée, Anne-Marie savoure le fruit d’une revanche et d’un long travail de préparation.
Irina n’est pas loin. Elle n’a pas pu accrocher la locomotive française, mais elle pointe en troisième position, toutes catégories confondues. Elle aussi utilise son style parfait pour développer sa foulée.
Corinne FAUQUEUR-DUDA sera l’unique féminine à pouvoir essayer de rivaliser avec ses devancières. Motivée à bloc et accompagnée en permanence par son mari Raymond, Corinne jubile à l’idée de terminer son périple. La roubaisienne a parfaitement maîtrisé ces 300 kilomètres.
L’autre Corinne, la lyonnaise, réussit à garder son sourire et sa petite cadence pour rejoindre l’arrivée dans les temps. Elle franchit le contrôle de KAYSERSBERG avec une heure trois quart d’avance sur l’horaire de fermeture.
Répartis en milieu de peloton, les 6 marcheurs de la promotion découvrent la longue descente du col. La plupart avaient pensé à bien organiser la montée, mais aucun n’avaient prévu l’entrée en Alsace et les douleurs ressenties à la pose de chaque pas durant la descente. A cet instant, tous les muscles sont douloureux et les plantes de pieds sont meurtries.
Stéphane PAILLE a retrouvé ses chaussures dorées et maintient une vitesse supérieure à 8. Jean-Claude COURCY a retrouvé son 6,5 de moyenne et sans vraiment le chercher, il se rapproche de Raymond BAUDOUR. Il ne reste que 12 kilomètres, mais l’impossible peut arriver.
Classement au passage de KAYSERSBERG - KM 432.800 :
URBANOWSKI Grégor-Adam 15:40
RODIONOV Alexeï 15:25
MOREL Philippe 15:14
COSTILS Alain 15:01
GILG Paul 15:28
FRECHENGUES Bernard 15:20
BOUFFLERT Kora 15:30
SIMON Zdenek 16:16
HEINRICH Thierry 16:35
DUFRIEN Pascal 16:04
VARIN Sylviane 16:21
GEORGELIN Serge arrêt
ALBRECHT Jacky arrêt
MARECHAL Pascal arrêt
GIROD Urbain arrêt
DVORETSKI Sergueï arrêt
REGY