Dominique Naumowicz
Bon anniversaire Dominique
Né à Lille le 28 mars 1963, Dominique Naumowicz fête ses 45 ans ce jour. En général, c’est un âge charnière dans la vie, à mi chemin entre quadra et quinqua...et c’est peut être aussi l’âge d’or pour un marcheur de grand fond...

Dominique a pratiqué la marche athlétique dans sa prime jeunesse, entre 8 et 13 ans, avant d’arrêter totalement le sport. Il en a conservé une excellente technique unanimement appréciée par les spécialistes.

Il est revenu au sport en 2003-2004 (les inquiétudes de la quarantaine ?), s’est inscrit au club de Gohelle dans le Pas de Calais (bienvenue chez les Chtis !). Grâce à sa technique et un foncier bien entretenu, il atteint rapidement un niveau R3-R2 sur 5000 et 10000 mètres mais l’appel du grand fond est puissant...très puissant surtout dans ces régions au Nord et à l’Est de Paris.

Il s’aligne sur le championnat de France des 100 km à Roubaix en octobre 2005 (victoire de David Régy) et abandonne rapidement ; qu’importe, le virus a pris et Dominique capitalise de l’expérience.
En avril 2006, il prend le départ des 200 km de Bar le Duc, cadre du championnat de France de la spécialité, il passera les 100 km en 12h30 et couvrira finalement 117,5 kms avant d’abandonner peu après ; un pallier est franchi.

Il dispute ensuite sur le marathon du Louvre (entre Lens et Lille, un must dans ch’Nord-Pôd’Colè) où son efficacité à la marche en remontre à plus d’un coureur...surtout dans le second semi !
Une semaine après seulement, nous sommes en mai 2006, il remporte le titre de champion Régional (Ch’Nord-Pôd’Colè) sur 50 km en 5h27, ce n’est pas un nouveau pallier qu’il franchit à cette occasion mais bien un étage entier : c’est sûr maintenant, il a le potentiel. Le lendemain, il s’offre le luxe de faire 28 minutes au 5000 des interclubs, tout en lançant le marteau : non seulement il a le potentiel mais en plus il a la récupération...ca se précise !
En septembre de cette même année, il s’aligne sur les 28 heures de Roubaix ; il tiendra. Il termine 15ème avec 190 km (161 km aux 24 heures, il devient ainsi un virtuel Centurion), à quelques encablures de Pascal Bunel ou Zoltan Czukor. C’est sûr maintenant, il est fait pour le grand fond et plus rien n’arrêtera sa recherche du Saint Graal : Colmar !

A peine un mois plus tard, les championnats de France de 50 km sont organisés à Fretin dans sa région, il termine 15ème au scratch en 5h03, ce qui dénote son excellente faculté de récupération mais également le fait que la pratique du grand fond n’altère pas ses qualités de vitesse : il est fait du même métal que les Régy, Belloir ou Erard !
Saison 2007, aux 8 heures de Charly, il veut confirmer ses immenses progrès. Il va peut être au-delà de ses espoirs, couvre 73 km à 9,2 km/h de moyenne, termine 11ème et n’est devancé que par des légendes de la marche de grand fond.
Décidément cette année 2007 débute sous les meilleurs auspices !

Deux semaines plus tard, c’est plein d’espoirs qu’il s’aligne aux championnats de France de grand fond à Bourges mais il est diminué par un début de tendinite à la cheville vraisemblablement consécutif aux gros volumes d’entraînement consentis et à la perf de Charly. Circonstance aggravante, afin d’assister Véronique et sa fille Elodie, il s’entoure bien mal en faisant appel à un accompagnateur-ravitailleur notoirement poissard.... Pendant les quatre premières heures, il est dans le groupe de tête avec les Rodionov, Erard, Régy, Heinrich...mais il doit se rendre à l’évidence : l’état de sa cheville empire et, après une consultation désabusée auprès de l’équipe médicale mise en place par Dominique Plée, il doit se résigner à l’abandon. Sur le parking, sa tente est voisine mitoyenne du stand des Boufflert/Renoncourt et, entre deux passage de sa championne, Eric sait trouver les mots pour remonter le moral de Dominique ; ces deux là se retrouveront plus tard...
Il se remet rapidement de sa blessure, ça aussi c’est important pour caractériser un potentiel, et prépare son retour pour les championnats de France des 100 kms à Bar Le Duc.
Dans la canicule de ce mois d’avril 2007, il termine 5ème au scratch avec un chrono de 11h09 en étant parti sur des bases extrêmement élevées (49 km en 5h09) et se classe derrière Pascal Tournois et un trio prestigieux qui animera Paris Colmar un peu plus tard. A cette occasion, il se rappellera avoir couru un 100 km lors de son service militaire mais dans un temps très largement supérieur à celui réalisé aujourd’hui ... à la marche !
Sur le Paris-Colmar 2007, il fait partie de l’équipe qui accompagne Dorit Attias et, après l’arrêt de cette dernière, il est recruté à la volée par Eric Boufflert pour assister Kora dans la seconde moitié de son grand Colmar. Ceci lui permet de rejoindre l’arrivée aux côtés de la meilleure marcheuse du monde (et peut être même de tous les temps) et aussi, sans doute, goûter à des sensations qu’il souhaite ardemment éprouver pour son propre compte

Pendant l’intersaison, les Naumowicz quittent leur club de Gohelle pour rejoindre le Club des Marcheurs de Roubaix. Ils trouveront là une structure qui respire la marche de grand fond (même si elle a longtemps abrité Fatiha Ouali) et qui saura les accompagner dans leur quête.
Août 2007, c’est l’explosion, la révélation, la certitude : Dominique sera Colmarien ! A Graide il couvre un peu plus de 183 km non sans être passé en 11h46 aux 100 kms ; il gagne ainsi un demi-ticket, pour la promotion mais également pour le grand Colmar ! Il termine 3ème au scratch seulement devancé par Urbain Girod et Daniel Dien et est parvenu à contenir Pascal Bunel de 8 minutes.
Ce succès mérite bien quelques vacances et le couple Naumowicz fait partie de la joyeuse bande prosélyte du grand fond qui se rendra en Guadeloupe en octobre. Mais le tourisme est accessoire pour Dominique, il veut frapper un grand coup, il le frappera et quel coup !

Sur un circuit extrêmement difficile et dans des conditions climatiques exécrables, il part résolument en tête, sans jamais se retourner, pour compter jusqu’à 20 minutes d’avance sur Zdenek Simon au 80ème kilomètre qu’il atteint en 9 heures. Un trio composé des deux précédents et Gilles Letessier entre à peu près ensemble sur le tourniquet final. Aux 24 heures Dominique atteint la marque de 187 km, record amélioré ; il est légèrement décroché par le maître ès régularité Gilles Letessier et le multi récidiviste Colmarien Tchèque Zdenek Simon. Il atteindra finalement 209 kms et confirmera, largement au-delà, tous les espoirs.
Durant l’hiver, il reçoit un courrier d’Hervé Delarras aux couleurs du CSF : il est sélectionné sur la promotion. Ca y est : la reconnaissance est là, couchée sur ce papier signé du directeur de l’épreuve, il va falloir maintenant la confirmer.
Au premier trimestre 2008, après avoir suivi le stage de grand fond à Neuilly sur Marne, il s’aligne une nouvelle fois à Charly, Dominique réitère la même performance kilométrique que l’an passé mais se classe 6ème cette fois avec une opposition pas plus faible que l’an passé.

Il enchaîne ensuite sur les 24 heures de Bourges où il confirme, et même au-delà, puisqu’il termine second, derrière Sergueï Dvoreski (2ème du Colmar 2006) améliorant une fois encore sa marque (194 km). Sur une épreuve plus dense, nous sommes beaucoup à penser qu’il aurait pu rentrer dans le gotha des plus de 200 km. Impressionnant non ?
Et encore on n’a pas tout vu ! La semaine qui suit Bourges, il est couché sur la liste des inscrits aux 6 heures de La Gorgue, la plupart des aficionados pense que c’est une erreur d’inscription et que seule Véronique dispute l’épreuve avec Dominique au ravitaillement. Peu après 10 heures du matin, force est de constater qu’il n’en est rien : Dominique est bien dans la course. Et même devant, dès les premiers hectomètres, devançant un Philippe Morel dont c’est le retour depuis sa splendide 3ème place à Colmar. Il remporte cette épreuve en couvrant plus de 55 kilomètres, moins d’une semaine après ses 194 km de Bourges ! Ça laisse admiratif, rêveur, pantois... Non seulement son potentiel n’était plus à démontrer mais il nous renseigne (et lui aussi peut être) sur des facultés de récupération que l’on peut qualifier de hors du commun. En une semaine, il aura effectué 249 km soit peu ou prou la distance Châlons-en-Champagne – Mirecourt + Corcieux – Colmar tout en tenant la dragée très haute à deux géants de Paris-Colmar !
On ne peut évidemment pas dresser ce portrait panégyrique de Dominique sans citer Véronique, dont le style épuré et efficace sont unanimement reconnus et également leur fille Elodie, athlète éclectique, qui ravitaille parfois simultanément ses deux parents sur certaines épreuves. Véronique s’est placée résolument au service de Dominique mais on ose imaginer qu’à l’instar des Brunet, ils fonctionnent une année sur deux. 3 couples ont fait Colmar (les Brown, Thanron-Lescure et Brunet), les Naumowicz sont aujourd’hui les mieux placés pour inscrire une 4ème ligne à ce palmarès non officiel mais oh combien prestigieux et chargé de symbole !

En cette fin mars, Dominique, nous te souhaitons un joyeux anniversaire. Dans quinze jours ce sont les championnats de France de grand fond à Bar Le Duc. On est sûrs que tu y nourris la plus grande des ambitions (un podium aux France, peut être même une distance avec deux zéros derrière ?) alors tous nos vœux t’accompagnent, ton gâteau et tes bougies sont au bout de tes pieds. Quant à l’épreuve promotion du Paris-Colmar, c’est pour un peu plus tard mais je suis persuadé qu’elle est à ta portée, tu as tout mis en œuvre pour cela.
Tu t’en souviendras de l’année de tes 45 ans ! Et nous aussi ! Joyeux anniversaire !