Plusieurs personnes m’ont demandé si j’allais comme après chaque épreuve écrire une analyse et j’ai hésité car il est difficile d’exprimer réellement ses sentiments, d’autant plus cette année après une édition plus que particulière.

Je suis en effet très partagé au moment de revenir sur cette compétition car durant les quatre jours, plusieurs choses n’ont pas fonctionné, des détails de l’organisation ont été bâclés, l’attitude et le comportement de certains marcheurs n’ont pas été normaux, leur manque de motivation est évident et enfin beaucoup de questions sur l’avenir de PARIS-COLMAR ont été posées mais restent encore aujourd’hui sans réponse.

 

Au-delà de tous ces problèmes que je vais essayer de détailler de façon objective, un vainqueur a été sacré sur la place RAPP, Bravo à Dimitri OSIPOV, un français s’est révélé, Pascal MARECHAL ; dans la catégorie féminine,  Sylviane VARIN a conservé son rang de meilleure marcheuse à ma grande surprise et Bertrand LABARRE a joué de sagesse en remportant la catégorie promotion.

En tant que membre de l’organisation je vais déjà revenir sur les points qui n’ont pas fonctionné et que nous devons absolument améliorer si toutefois Colmar peut repartir. Une telle compétition doit désigner un consultant auprès des médias, de la presse et doit se charger de la promotion de l’épreuve.

 

Un simple dossier de presse envoyé pour prévenir ne suffit pas, il faut un interlocuteur qui se charge de répondre aux diverses questions et ensuite, il faut en permanence pouvoir renseigner les médias sur l’évolution des différents classements durant toute la durée de la compétition.

Le prologue dans PARIS était une excellente initiative que l’on doit en grande partie au principal partenaire « SPORT AKILEINE ». Malheureusement, le parcours doit être encadré afin que les concurrents ne se perdent pas, et tous les horaires doivent être minutés au plus juste afin de limiter au minimum les pertes de temps et respecter ainsi le repos des marcheurs qui se préparent à passer trois jours et trois nuits sur le bitume.

A NEUILLY, les spectateurs attendaient la présentation des acteurs de ce spectacle et il faut absolument revenir à un appel dans l’ordre décroissant des numéros de dossards pour permettre un passage individuel sur le podium de tous les concurrents.

Alors que l’organisation offrait la possibilité à chacun de prendre le départ jusqu’à GUERMANTES ou VILLENEUVE LE COMTE, très peu de marcheurs franciliens se sont lancés dans cette sortie de 15 ou 28 kilomètres.

 

Les délais de fermeture des postes contrôle de la première journée étaient basés sur ceux d’un marcheur capable d effectuer 170 kilomètres en 24 heures. Il est anormal que les derniers concurrents se soient retrouvés hors délais à la hauteur de CONDE SUR MARNE.

A CHALONS EN CHAMPAGNE, tout le dispositif a été entièrement démonté  dès le départ des féminines et de la promotion, le 3ème concurrent de la catégorie hommes est passé dans l’anonymat le plus total… à 17 h40 ; c’est presque un manque de respect.

Pour ma part, rien à dire de la ville repos à SAINT-DIZIER, tout était en place et l’accueil a été égal aux autres années, mais avec seulement cinq concurrents dans les délais, je reconnais ne pas avoir été trop bousculé durant cette longue nuit.

 

La boucle supplémentaire entre SAINT-DIZIER et SERMAIZE n’a pas apporté grand-chose à la compétition si ce n’est qu’elle n’a pas permis au troisième de la compétition de rejoindre MIRECOURT avant l’heure limite. Certainement que Francis GAUZE, troisième de la promotion a lui aussi été victime de cet allongement et il l’a payé plus tard.

Le concernant, j’ai lu et entendu plusieurs critiques concernant son arrêt à 12 kilomètres du but et je comprends la stupéfaction de son entourage. Cependant, Francis aurait dû être arrêté et classé à MIRECOURT car la demi-heure supplémentaire de délai accordée aux hommes pour la déviation de VANDIERES ne devait pas être appliquée pour les marcheurs de la catégorie promotion.

 

L’arrivée trop tardive à MIRECOURT s’est déroulée dans l’anonymat le plus total en plein milieu de nuit. Toutes les infrastructures (arches, banderoles, etc) avaient été démontées avant même l’arrivée du premier.

J’ai noté de nombreux abandons et de nombreux arrêts médicaux ; uniquement chez les hommes et dès les premières heures de compétition pour certains. Par ailleurs, il n’est pas normal qu’un concurrent soit arrêté pour raison médicale par téléphone.

L’épreuve par étapes n’a pas apporté le lot de marcheurs de vitesse attendus. Ce pêle-mêle d’horaires différents en des villes séparées de plusieurs kilomètres et organisé plusieurs heures avant le passage des concurrents de PARIS-COLMAR a perturbé les spectateurs les plus assidus et a renforcé le trouble parmi le public sur le bord du parcours. L’avenir de cette compétition doit être étudié et analysé avant de lui donner suite.

J’ai constaté avec regrets le peu de motivation des marcheurs dont certains n’étaient pas prêts à endurer 3 jours et 3 nuits sur le bitume. Pour aller à COLMAR il faut souvent souffrir, se faire mal et accepter les moments pénibles. Il faut ensuite connaître sa valeur et se fixer des objectifs :

 

- On doit choisir entre vouloir gagner le prologue et rêver de gagner à Colmar,

- Pour gagner à Colmar, il faut avant toute chose franchir la ligne d’arrivée,

- Quoi qu’il arrive, la pluie, la chaleur, un coup de fatigue, un mauvais moment à passer, si le marcheur s’est préparé à marcher jusqu’au samedi après-midi,  il ralliera l’arrivée.

- Lorsque les accompagnateurs d’un concurrents sont répartis en deux équipes, elles ne sont pas forcément homogènes et n’auront peut-être pas la même efficacité ; pour autant le marcheur doit l’accepter et s’adapter, en aucun cas cela doit justifier son arrêt.

- Enfin, en marchant, c’est vrai, on peut avoir mal aux pieds, mais cela n’empêche pas de marcher et d’aller au bout. Il faut une grande préparation mentale pour aller à Colmar et la douleur passe avec le temps….. pas les regrets.

 

 

Le niveau de la marche masculine est en baisse et inversement, celui des féminines progresse. Le comparatif des résultats 2008 et 2009 est assez intéressant à observer. Avec 20 kilomètres de plus par rapport à l’an dernier, Sylviane VARIN et Dominique ALVERNHE ont pourtant gagné du temps sur l’ensemble du parcours. L’une et l’autre ont augmenté leur moyenne de 300 mètres par heure, c’est une énorme progression.

Dimitri OSIPOV n’a pas rencontré la même opposition que l’an dernier et la gestion de sa victoire, ajoutée aux kilomètres supplémentaires justifient sa moyenne proche de 8 km/h.

En promotion, le manque de concurrents ainsi que la faiblesse des résultats doivent remettre en question cette compétition. Sur le même parcours, avec une moyenne largement inférieure à 7 km/h, Bertrand LABARRE se serait classé très loin dans le classement féminin et aurait terminé 10ème de l’édition 2008.

Je comprends la déception des marcheuses et des marcheurs qui n’ont pas été appelés lors de la remise des prix et avec du retard, je vous demande de bien vouloir excuser mon absence à celle-ci pour des raisons familiales. Pour autant, je reviens sur des critiques entendues et clamées haut et fort durant l’épreuve. Après l’annulation de 2004, tous les athlètes étaient prêts à marcher, même si il n’y avait rien à gagner à l’arrivée. L’organisation a toujours souhaité que des prix récompensent les meilleurs. Puis des critiques avaient été émises vis à vis de la façon de défrayer les concurrents en espèces, ainsi que de l’absence  de grille de prix. Cette année et pour plus de transparence, la grille des prix a été établie et annoncée à chacun avant le départ et les sommes ont été versées en chèques pour éviter toute ambiguïté.

Je terminerai ces quelques lignes en remerciant Hervé DELARRAS pour tout le travail qu’il a accompli. Malgré les défauts qui lui sont reprochés mais aussi avec ses qualités, Hervé a réussi durant plusieurs années à porter l’épreuve à bout de bras sans compter son temps et les heures qu’il a passé. L’énorme travail administratif, les contacts auprès des municipalités, les courriers, les rendez-vous, il a tenu tous ces postes afin que les marcheuses et les marcheurs vivent leur passion chaque année. Même si je n’ai pas toujours été d’accord avec ta façon de travailler, Hervé,  je te remercie pour toutes les émotions que j’ai vécues en tant que marcheur mais aussi en tant que membre de l’organisation.

 

Avant de clore cette analyse, je souhaite sincèrement que toutes les forces vives de la marche de grand fond se réunissent afin de faire le point de la situation et essayer de trouver des solutions pour sauver la plus grande compétition officielle de marche en ligne. Les membres de l’organisation, des membres de la fédération et de la C.N.M., les  représentants des villes départ et arrivée, les principaux partenaires, des marcheurs en activité et d’anciens concurrents, les organisateurs de circuits sélectifs ; tous nous devons réfléchir quant à l’avenir de notre discipline. Cette liste n’est pas exhaustive et les personnes disponibles et motivées peuvent faire part de leurs idées et pourquoi pas,  se rapprocher de l’organisation.

 

Au plus tard à la rentrée scolaire, cette réunion doit apporter des solutions pour que PARIS-COLMAR perdure et que la marche de fond justifie son appellation. Je pense également que le système de sélection doit être revu ; seuls des athlètes préparés et motivés doivent prendre le départ d’une telle épreuve.

Le cru 2009 ne restera pas gravé comme une année exceptionnelle, faisons tous en sorte que PARIS-COLMAR continue encore longtemps !

Petitjean.