Les 28 heures de Roubaix 18 et 19 septembre 2010


Bienvenue chez ch’ti Louis et ch’ti Claude.



Les 28 heures de ROUBAIX
attirent toujours la foule et pas moins de 75 concurrents individuels d’une douzaine de nations devraient être présents sur la ligne de départ ce samedi 18 septembre 2010.


Frustrés de n’avoir pu s’exprimer en compétitions officielles depuis six mois, les marcheuses et marcheurs de grand fond vont enfin rivaliser sur le bitume avec un dossard  sur les chasubles. La non-organisation de PARIS-COLMAR en juin dernier a déçu tous les fondeurs et désorganisé les plus méticuleux. L’épreuve légendaire manquait au calendrier et rares sont ceux qui ont  trouvé un remplacement équivalent.


Il est certain que ce week-end «dins ch’nord» est attendu et les performances risquent de s’en ressentir. Pourtant, ROUBAIX reste une compétition hors norme et seuls les plus grands marcheurs ont inscrits leur nom au palmarès.

Une fois encore, il faudra regarder du côté des étrangers pour chercher les favoris et à quelques heures du départ, il est très difficile d’établir une hiérarchie ou bien même d’avancer des noms tant la liste des prétendants est longue.


La logique place sans hésiter le russe Dimitri OSSIPOV comme le principal d’entre eux. Le marcheur de SAINT-PETERSBOURG vient de réaliser 194 kilomètres en 24 heures dans sa ville et son palmarès de 3 victoires (2006, 2007 et 2009) dans les rues roubaisiennes prouve l’expérience qu’il a de cette compétition. Régulier dans ses efforts, Dimitri devra gérer la progression de ses adversaires, des marcheurs de l’est pour la plupart et des concurrents dont la motivation n’est pas feinte.

Petit rappel, le record de l’épreuve est la propriété du Roubaisien Louis LEBAQUER (P’tit Louis) avec une marque à 255,540 km en 28 heures en 1966. Ce record commence à dater. Sera-t-il amélioré cette année ? La réponse le 19 septembre à 17 heures.

Par ordre de dossard, le premier rival de Dimitri se nomme Nicolaï FROLOV. Russe lui aussi, 3 ème du classement final l’an dernier, FROLOV est un marcheur sérieux et dans un grand jour, il sera capable de réaliser un exploit.


Son compatriote Sergueï LYKYANOV est également capable de viser la victoire. L’an dernier, pour sa première participation, il avait tenu tête aux meilleurs jusque dans les dernières heures. Son manque d’expérience l’avait privé d’une 4 ème place. Cette année il revient à ROUBAIX avec du recul et ce beau marcheur sera sur-motivé pour accéder au podium final.


Le dossard numéro 10 avait fait cavalier seul en 2008 et 2009 durant les 100 premiers kilomètres et avec un style impeccable de marcheur de vitesse, les roubaisiens avait découvert un grand champion. Le hongrois Zoltan CZUKOR découvrait pour sa part les 28 heures en 2008 ainsi que le monde du grand fond en terminant à la seizième place du classement avec près de 195 km. En 2009 la nuit avait été fatale au hongrois et Zoltan avait stoppé son effort sans résistance.


Zoltan
est un grand et sans baisser les bras, il a appris l’esprit de la grande distance, il est venu marcher sur d’autres compétitions et l’année 2010 lui a servi de tremplin pour se lancer véritablement.

Il a survolé les 24 heures de CHÂTEAU-THIERRY en mars dernier, il est revenu faire une démonstration lors des 6 heures de VERNON, il a augmenté « son capital expérience » lors des 6 jours d’ANTIBES au mois de juin et il revient à ROUBAIX en affichant une grande détermination pour augmenter son capital kilométrique.

Le porteur du dossard numéro 12 est un marcheur sur le retour. Le tchèque Zdenek SIMON possède de beaux résultats sur les épreuves sélectives et des places d’honneur sur PARIS-COLMAR. Zdenek a pris quelques distances avec le grand fond ces dernières années et c’est avec un réel plaisir que nous le retrouverons parmi les participants. Sa dernière apparition sur un circuit sélectif remonte à 2008.


Autre marcheur d’expérience, le jeune hollandais Franck VAN DER GULIK, un marcheur discret et efficace qui ne lâche rien et qui a beaucoup marché cet été.

En Angleterre et sur ses terres, Franck a cumulé de précieux kilomètres lors de sa préparation surtout dans les épreuves de marche des Centurions (100 miles à parcourir en 24 heures maximum).

Le dossard numéro 22 est belge mais pour l’occasion il sera «roubaisien de cœur». Pascal BIEBUYCK vient de se licencier au Club des Marcheurs Roubaisiens.


Ce sera sa première sortie en portant les couleurs bleues et comme à son habitude, Pascal mouillera le maillot et ira au charbon, encadré par ses fidèles accompagnateurs.

La présentation du dossard numéro 26 est plus délicate car Andreï STEPANCHUK est certainement le plus rapide du peloton avec des marques à 3h51’40’’ sur 50km et 9h11’51’’ sur 100km.


Mais le Bélarusse n’a jamais participé à une compétition aussi longue et à l’image de ce qu’avait réalisé CZUKOR l’an dernier, je crains que STEPANCHUK ne se brûle les ailes durant les premiers kilomètres avant de laisser toutes ses forces durant la nuit.


A ROUBAIX plus qu’ailleurs, la fable du lièvre et de la tortue est de mise et seuls les plus sages et les plus aguerris peuvent échapper aux nombreux pièges tendus par le sommeil et les blessures.

A ce jeu, notre référent national se nomme Gilles LETESSIER et qui mieux que lui n’est capable de gérer les 28 heures de ROUBAIX.

De nombreuses fois lauréat mais jamais vainqueur, il suffit à Gilles d’assurer une performance autour de 230 kilomètres pour s’immiscer parmi les meilleurs.


Tout est possible lors d’une compétition aussi longue et Gilles fera tout pour mettre à l’honneur la marche française.


Le dossard numéro 4 sera porté par Jacky ALBRECHT. Le barisien avait créé une petite surprise en s’octroyant la 4 ème place l’an dernier au terme d’une épreuve très régulière et sans relâche. Il visera cette année encore une place parmi les meilleurs.


Les français seront très bien représentés sur la ligne de départ et les valeurs sûres comme Pascal MARECHAL (2 ème à COLMAR en 2009), Bertrand LABARRE, Dominique et Pascal BUNEL, Dominique NAUMOWICZ, Philippe VIT ou bien Pascal DUFRIEN devraient bien figurer au classement final.

A noter la première expérience avec un dossard sur le très long de l’Ukrainien Sergeï MOMSIK. Sergeï n’est pas un inconnu des circuits sélectifs car en tant qu’accompagnateur vous l’avez côtoyé sur les routes avec sa compagne Iryna PEREVALO.


Dans la catégorie féminine, une fois encore, le duo français - Sylviane VARIN et Claudine ANXIONNAT – visera la victoire. Mais ces deux marcheuses d’expérience et au palmarès impressionnant devront se méfier de la concurrence étrangère.

La principale rivale vient d’Angleterre  et se nomme Sandra BROWN. Cette sexagénaire toujours souriante a remporté une compétition de 100 miles à Clochester cet été et elle se présente à ROUBAIX avec un bon capital de confiance.


Il est plus difficile de pronostiquer avec les marcheuses russes. Nous avons vu l’an dernier le parcours d’Olga BORISOVA avec 190 kilomètres parcourus et les limites de Véra MIROSHNITCHENKO, mais que penser de la biélorusse Anna DRABENYA.


Elle est sans doute la plus rapide d’entre-elles avec une référence de 1h33’35’’ sur 20 kilomètres, mais comment va-t-elle gérer la nuit et les dernières heures? Quelle sera sa marche après le 100 ème kilomètre? Acceptera-t-elle de se ravitailler ou bien son organisme sera-t-il fatigué? Autant de questions que l’on peut se poser avant un tel parcours.


En individuels, femmes et hommes confondus, je note également la présence de plusieurs Guadeloupéens et leur venue à ROUBAIX est un signe assez fort pour exprimer la volonté de développer la marche de grand fond sur cette île.


Le week-end roubaisien mettra également en lice des concurrents sur 24 heures par équipes de trois.

Pour la première fois, plusieurs pays ont composé des triplettes et avec grand plaisir nous retrouverons d’anciens champions tels que Zbigniew KLAPA associé à son frère Henri et au barisien Bogdan MORAWSKI, les hollandais associeront Ad LEERMAKERS à Frans LEIJTENS et Yvonne GROOTSWAGERS.


L’équipe féminine britannique intégrera Kathy CRILLEY, l’équipe « CAVALEFAIRE », trio féminin français associera les dames PANNIER (mère et fille) à Véronique NAUMOWICZ, et l’équipe du B.C.G. sera composée de Pascal BURLOT, Jean-Claude COURCY et de Alain GRASSI.

Les VADROUILLEURS seront sur leur terre, même si leur capitaine jongle entre la Corrèze et le Nord, une équipe mixte composée de Noëlle LANDRU, Jean WALLAYES et Georges CATTEAU.


Des relais très variés, mais surprenants ; plusieurs d’entre eux comptent dans leur groupe des participants aux 6 jours d’ANTIBES.

Comme chaque année, le départ sera donné à 13 heures de CROIX afin de parcourir une vingtaine de kilomètres dans les faubourgs de ROUBAIX avant de se regrouper sur le circuit permanent dans le quartier de l’Epeule.


Dimanche à 16 heures, les marcheuses et marcheurs termineront leur long périple sur la petite boucle d’un kilomètre autour de l’arrivée.


L’animation ne manquera pas puisque fanfare, concours de sosies, musique, accordéon, frites et saucisses sont au menu.


Les internautes n’auront pas l’odeur de la friture mais pour la première fois ils pourront suivre en direct le passage des concurrents grâce à deux caméras webcam positionnées sur le parcours.

Thierry, Guy et moi-même seront sur place pour vous renseigner des différents potins en direct du parcours et des stands.

Petitjean.


L'analyse des 28 heures de ROUBAIX par Jean Cecillon


La passe de quatre pour OSSIPOV !



Les 28 heures de ROUBAIX ont tenu leurs promesses. Bien que le niveau général de la marche de grand fond soit en baisse, les résultats ont apporté de belles satisfactions et elles ont sacré un marcheur russe, Dimitri OSSIPOV, vainqueur pour la quatrième fois rue de l’Epeule.


La liste des prétendants à la victoire n’était pas très longue et le russe figurait comme le grand favori. Parti prudemment dès les premiers kilomètres en compagnie de STEPANCUK et de CZUKOR, Dimitri a géré le temps sans changer son rythme. Il l’emporte pour la quatrième fois (dont 3 consécutives) et se positionne déjà comme l’un des principaux acteurs du futur PARIS-COLMAR.


La première surprise de cette compétition nous vient du marcheur local Dominique NAUMOWICZ. Le « ch’ti Dom » a joué de régularité et de sagesse pour accrocher la deuxième place du classement.


En réalisant 16 kilomètres de plus que l’an dernier, Dominique confirme son retour et sa place parmi l’élite française. Le corps et les jambes sont bons, il lui faut encore travailler le mental pour que la tête ne lui pose plus aucun doute.

La troisième marche du podium est occupée par Zoltan CZUKOR. Après ses victoires sans véritables rivaux lors des 24 heures de CHÂTEAU-THIERRY ainsi que lors des 6 heures de VERNON, le hongrois passait un test grandeur nature à ROUBAIX. Très concentré dès les premières heures, Zoltan a brièvement pris la tête en début de nuit avant de reprendre la deuxième place qu’il a conservé jusqu’à la dernière heure.


Il termine pour la première fois ces 28 heures avec une marque à 225 kilomètres (marque symbolique qu’il fallait réaliser pour se sélectionner il y a une vingtaine d’années).


Cette remarque est importante pour justifier mes propos lorsque j’écris que le niveau a baissé ces dernières années. Avec le plateau pourtant très élevé de l’édition 2010, seuls trois concurrents seraient repartis de ROUBAIX avec une sélection en poche.


Le système a changé et il est important que l’on s’adapte avec les marcheurs d’aujourd’hui.


La quatrième place de Gilles LETESSIER n’a aucun rapport avec la baisse du niveau. Gilles n’était pas au mieux et il n’a pas pu marcher comme il sait le faire durant la nuit. Légèrement décroché au petit matin, il n’a pas trouvé la respiration nécessaire pour accrocher un podium qui lui échappe pour un gros kilomètre seulement.


La deuxième surprise de cette 57 ème édition est la très belle cinquième place de Dominique BUNEL. Le marcheur nocéen n’est pas un inconnu mais au fil de ses sorties, il augmente son kilométrage et rentre maintenant dans le cercle fermé des lauréats réguliers.


Avec près de 220 kilomètres parcourus en 28 heures, Dominique situe maintenant ses capacités pour aller sans difficulté jusqu’au repos de BAR-LE-DUC. Avant le départ, Dominique a confié à Guy Destré qu’il voulait réaliser 215 km soit un km de plus que la distance jusque-là réalisée par son frère Pascal à Roubaix. Et bien Dominique a tenu son objectif, il l’a même dépassé de quelques kilomètres.


Nicolaï FROLOV
n’a pas réédité son exploit de l’an passé. Avec 210 kilomètres, le russe confirme sa place dans les dix premiers mais il n’a jamais trouvé les ressources pour rivaliser avec les prétendants au podium.

Ma remarque sera la même pour le barisien Jacky ALBRECHT, 4 ème en 2009.


Cette année, Jacky a été très régulier mais un ton au-dessous et il termine l’épreuve roubaisienne à moins d’une minute de FROLOV.

Ma troisième surprise vient des deux marcheurs de SAINT-THIBAULT DES VIGNES. Respectivement classés 8 ème et 9 ème du classement masculin, Pascal DUFRIEN et Philippe VIT ont démontré une régularité exemplaire.


En marchant côte à côte durant plus de 20 heures, ils ne se sont séparés qu’en vue de l’arrivée. L’un et l’autre revenaient de maladie et de blessure et leurs résultats prouvent que l’on peut remarcher et réussir malgré de très longs arrêts.


Pascal et Philippe n’ont pas encore retrouvé la totalité de leurs possibilités mais la performance roubaisienne est très encourageante et nous les reverrons lors des circuits au début de l’année 2011.

L’épreuve féminine n’a pas offert le « mano à mano » que les spectateurs attendaient.


La compétition a été dominée par l’anglaise Sandra BROWN qui n’a pas eu à forcer son talent pour empocher une énième victoire en circuits sélectifs. Avec un compteur à 211 kilomètres, elle se classe 6 ème au classement scratch et sans réelle concurrence, elle s’approche des 215 km parcourus par Kora BOUFFLERT l’an passé.


La deuxième place du classement revient à Claudine ANXIONNAT. Claudine s’est reposée après sa victoire en équipe lors des 6 jours d’Antibes. L’été lui a été profitable et elle augmente de 4 kilomètres la distance qu’elle avait effectuée l’an dernier.


A l’inverse, Olga BORISOVA réalise 7 kilomètres de moins qu’en 2009, mais ses 182 kilomètres lui suffisent pour compléter le podium.

La russe est encore jeune et elle manque d’expérience dans le grand fond. Ce n’est qu’une question de temps et de pratique, elle sera plus forte d’ici quelques circuits.


Nicoletta MIZZERA
était déçue de ne pas avoir marché 170 kilomètres en 24 heures. Il lui a fallut quatre heures de plus pour remplir son objectif. Mes écrits ne changeront rien mais je suis heureux de constater qu’elle a rallié l’arrivée et qu’elle n’a pas arrêté.


Le grand fond s’apprend et rien n’est véritablement acquis à jamais. Comme pour Olga BORISOVA, il lui faudra encore quelques compétitions avant de trouver ses marques, Nicoletta a de grandes capacités pour réussir.

Ces remarques sont valables également pour la russe Véra MIROSHNITCHENKO. En un an, elle a progressé de 15 kilomètres et elle peut encore améliorer la distance sans trop de difficultés.


La relance de la marche féminine aura besoin de ses marcheuses russes pour dynamiser le peloton et la concurrence n’en sera que bénéfique pour elles.


Les 28 heures de ROUBAIX ont encore d’autres particularités comme celle d’inclure un 24 heures en relais. Cette compétition peu connue et trop souvent délaissée permet pourtant de marcher en prenant un plaisir non dissimulé sans cumuler trop de fatigue.

L’édition 2010 a régalé les spectateurs en comptant dans ses rangs l’un des plus grands marcheurs de PARIS-COLMAR. Zbigniew KLAPA (associé à son frère Henri et à Bogdan MORAWSKI) a réalisé une très belle démonstration de marche.

A près de 10 km/h de moyenne, LES 3 POLONAIS ont fait le spectacle. Ils terminent avec plus de 35 kilomètres d’avance sur les deux trios hollandais et normands, emmenés par Ad LEERMACKERS et Alain GRASSI.


Le message a du mal à passer mais cette formule en relais est intéressante et les marcheurs doivent l’utiliser dans leurs programmes de préparation.

Ce sont des dossards supplémentaires pour les organisateurs, ce sont des marcheurs supplémentaires sur les lignes de départ et surtout d’arrivée et c’est un excellent moyen de travailler un long fractionné sans risque de blessure.


Dans cette analyse, je me dois également de souligner les très beaux résultats d’ensemble obtenus par tous les concurrents venus de Guadeloupe.


Sans les citer individuellement, il faut constater qu’aucun d’entre eux n’a arrêté, il faut souligner le fait que les résultats sont en nets progrès et les spectateurs ont certainement remarqué que les styles et la détermination ne font plus aucun doute.


La Guadeloupe
compte sur ses terres des marcheuses et des marcheurs de grand fond, j’espère les revoir au printemps et sur PARIS-COLMAR.


Avant de clore ce résumé, je voudrai remercier Louis DESROCHES et Claude LEBON de nous avoir donné la possibilité de présenter les contours de l’édition 2011 de PARIS-COLMAR.


Le stand a reçu de nombreuses visites et les panneaux ont été étudiés dans les moindres détails.

C’est un plus et nous irons maintenant sur les différentes compétitions pour présenter cette compétition de légende.


Nous devons nous faire connaître, nous devons vous rencontrer, nous devons travailler ensembles.

La transition est aisée, le prochain circuit se déroulera à VALLORBE les 2 et 3 octobre et des membres organisateurs de PARIS-COLMAR seront présents.

Je compte sur les marcheurs pour qu’ils retrouvent la motivation. En relais, en individuel, sur 30 kilomètres, 6 heures ou 24 heures, il faudra marcher.

Rendez-vous dans deux semaines,


Petitjean
.