Championnat de France 100 km marche à Corcieux


Analyse de l'épreuve par Jean Cecillon


Un 100 kilomètres bien « à ROZE » !!!



Eddy ROZE venait à CORCIEUX pour se tester sur 100 kilomètres et son coup d’essai s’est transformé en coup de maître après l’arrêt du grand favori, David REGY. Le marcheur d’AMIENS réalise un carton plein en ce mois d’octobre après l’obtention du titre vétéran sur 50 kilomètres, du titre en relais avec ses coéquipiers de l’AMIENS UNIVERSITE CLUB (Bertrand MOULINET, Damien MOLMY et le junior Guillaume KROMWEL) et enfin celui de champion de France toutes catégories sur 100 kilomètres.

 


La victoire n’a pas été facile à glaner pour autant et comme tout marcheur de vitesse qui monte sur le long, Eddy a souffert peu après la mi-course.

Entre le 65 ème et le  80 ème kilomètre, la moyenne horaire a sérieusement baissé.

Sans douter pour autant, Eddy est resté déterminé et a attendu l’arrivée en gérant les douleurs et la fatigue.

 

L’arrêt surprise du tenant du titre fut une aubaine et les dix derniers tours furent réservés à la gestion du chronomètre, des kilomètres et de la pression qui montait au fur et à mesure.

Dès la ligne franchie, Eddy s’est libéré et s’est détendu, serein et heureux du parcours accompli.

Lors de la remise des prix, il a accepté d’être le parrain du « téléthon »
à CORCIEUX début décembre et il s’est prêté au petit jeu d’une interview pour « marchons.com » face à son copain de l’Equipe de France de marche Eddy RIVA.

 

Depuis de nombreuses années, il est fréquent de voir un marcheur de BAR-LE-DUC sur le podium d’un championnat de France de 100 ou de 200 kilomètres.

Cette année, c’est Christophe ERARD qui monte sur la deuxième marche. Après un départ très prudent, (il était en 10 ème position à la fin de la première heure), Christophe a joué de régularité avec le style qui le caractérise. Tour après tour, Christophe est remonté au classement en dépassant presque tous ses adversaires.


Son temps final ne reflète pas sa valeur, mais dimanche à CORCIEUX, les averses de pluie et de grésil n’étaient pas favorables à la réalisation d’un chrono de référence.

 


La troisième place de Daniel FAUBERT et son temps de 11 heures tout juste (ce qui doit correspondre à la meilleure performance française dans la catégorie plus de 60 ans) n’ont que plus de valeur.

Daniel est un passionné de marche et sa présence à CORCIEUX était à la fois symbolique (car il n’a plus rien à prouver) et sérieuse (car il lorgnait depuis quelques mois sur ce chronomètre). L’objectif

est atteint et même dépassé puisqu’il a réussit à faire « d’une pierre deux coups ».



Très philosophe, Daniel s’est dit surpris par le manque de participants et par la baisse du niveau général.

 


Habitué des podiums et barisien lui aussi, Pascal TOURNOIS prend la quatrième place cette année. Depuis 20 ans, c’est peut-être le plus fidèle de ce championnat de France et il prouve une fois encore sa détermination et sa longévité. Pascal n’a plus la vitesse pour suivre le rythme de ses rivaux lors des deux premières heures, mais sa constance lui permet de maintenir l’écart et de se rapprocher au classement après quelques heures de marche.

 


Autre ancien champion et même recordman du Monde sur piste de la distance en 9h16, Frédéric MARIE est lui aussi un vieil habitué sur ce championnat. Il se classe 5 ème en 11h21’, un temps loin de ses performances d’antan, mais une place qui le classe toujours parmi l’élite française du grand fond.

 

A l’image de Daniel FAUBERT son copain de club, Philippe VIT était venu à
CORCIEUX
avec le secret espoir d’approcher et sûrement d’établir une nouvelle meilleure performance dans la catégorie vétérans. Rapidement rappelé à l’ordre par les juges avec deux cartons rouges, Philippe n’a pas abdiqué et il a simplement ralenti l’allure pour terminer à la sixième place. Le Torcéen ne lâchera pas et nous retrouverons Philippe sur les circuits de printemps.

 


Premier senior de ce championnat et je peux le féliciter car ses sorties sont rares, Cédric DOUBLET n’a pas hésité à traverser la France (1300 km) pour venir participer à ces championnats à CORCIEUX. L’officier sapeur-pompier de l’Adour n’a pas la disponibilité de s’entraîner comme il le voudrait mais laissons lui le temps de terminer ses examens et nous le reverrons aux avants postes des compétitions de grandes distances. L’envie est toujours là, c’est le plus important.

 

Quelques jours après avoir fêté ses 60 ans, Daniel DIEN voulait marquer un grand coup en participant au France des 100, mais les conditions météo ne lui ont pas permis de prendre le plaisir auquel il aspirait. Pourtant, le marcheur de NEUILLY-SUR-MARNE est allé au bout de lui-même pour terminer son avant dernier tour en 11 heures 28 minutes et 59 secondes (soit 1’1’’ avant l’heure limite). Daniel a pu ainsi boucler ses 100 kilomètres en étant le 9 ème et dernier marcheur à avoir parcouru la totalité de la distance.

 


Membre de la C.N.M
. et fervent défenseur de la discipline et de la distance, Jean-Pierre VERNIER a mis un point d’honneur à participer à cette marche nationale.

Le marcheur de SAINT-JUNIEN se classe 10 ème avec 94 kilomètres. Jean-Pierre se battra mais il aura certainement beaucoup de mal à défendre cette distance auprès des instances fédérales. Je souhaite qu’il soit entendu et que les membres de la Commission Nationale de Marche ne balaient pas ce championnat d’un revers de manche.

 


Petit jeune dans cette compétition, Jean WALLAEYS est venu représenter son club et sans rougir, le marcheur du C.M. ROUBAIX a fait une entrée remarquée parmi les marcheurs de « long ».


Ch’ti Jean comme il se surnomme a été très bien accueilli dans cette famille du grand fond et à chacune de ses sorties il s’améliore.

Il manque un peu de vitesse, mais il a su trouver l’énergie et la force nécessaire pour dépasser et contenir le retour de l’inusable Jean-Paul SPIESER.

Ces deux marcheurs ont parcourus la distance de 86 km.

 

Je ne présente plus ce vosgien qui marche tous les week-ends et qui n’abandonne jamais. Une fois encore, Jean-Paul a franchi la ligne d’arrivée. Sur ses terres, le marcheur de l’Athlétique Vosges Entente Club se classe en douzième position.



Il faut tout de même rappeler que le phénomène Jean Paul a travaillé toute la nuit avant de s’aligner
sur la ligne de départ en compagnie des autres marcheurs.

12 arrivants et 9 marcheurs classés pour un championnat déjà fébrile, ces chiffres ne vont rien arranger pour cette distance qui semble faire peur aux plus aguerris.

 

Dans la catégorie féminine, ces dames elles aussi réclamaient depuis de nombreuses années une compétition afin de se retrouver officiellement confrontées sur la distance de 50 kilomètres.

La Fédération Française par le biais de ses représentants a autorisé la mise en place d’un critérium au sein de ce championnat. Sans sous-estimer les résultats de cette compétition, il est navrant de constater le manque flagrant de participantes et le peu d’intérêt qu’elle suscite auprès des marcheuses.

 

Ces remarques sont d’autant plus flagrantes lorsque l’on observe qu’à la même période, certaines marcheuses se déplacent pour effectuer des compétitions de 6  ou 8 heures. Pourquoi alors boudent-elles ce critérium facilement accessible et sans critères de sélection ?

 


L’organisation de l’édition 2010 se déroulant sur les terres vosgiennes de Claudine, quasiment tous les pronostics misaient en sa faveur. C’était oublier un peu vite la fatigue et la jeunesse de ses concurrentes.

 

Dès les premiers tours, Claudine ANXIONNAT a tenté un cavalier seul, mais peu après le 10 ème kilomètre, Monia DOUBLET s’emparait de la tête pour ne plus la quitter.

Licenciée comme son mari à l’Adour Pyrénées Athlétisme 65, Monia a puisé dans ses ressources pour ne jamais baisser les bras et contenir le retour de sa poursuivante. Je regrette que Monia soit si éloignée et que l’on ne la voit pas plus souvent sur différentes compétitions.

Très souvent cantonnée à participer à des épreuves plus courtes organisées dans sa région, elle s’épanouirait plus facilement en affrontant plus de concurrence.

La famille DOUBLET comptait dans l’histoire de la marche française, mais si les belles-filles s’y mettent aussi …

 

La deuxième place revient à Dominique MALOCHET, une concurrente du Havre qui a effectué une marche très régulière. Pour moi, c’est un réel plaisir de retrouver cette marcheuse sympathique. Une marcheuse que j’associe à ses copines du Havre A.C., un club très investit dans le grand fond féminin des années 90. Dominique avait disparu des palmarès durant de nombreuses années et les années n’ont pas de poids sur elle puisqu’elle a rapidement retrouvé le rythme et les places d’honneur.

 


Claudine ANXIONNAT
n’a pas arrêté (même si l’envie ne lui a pas manqué), elle a trouvé la force de terminer ce critérium à la 3 ème place.

Claudine marchait dans sa région et c’est assez rare, elle ne pouvait pas faire autrement que de rallier l’arrivée. Mais Claudine n’est pas une machine et il faut qu’elle prenne le temps de se reposer entre chaque épreuve .

L’établissement de son calendrier au printemps prochain sera déterminant pour préparer au mieux son 10 ème PARIS-COLMAR. Il est à noter que Claudine a été malade 3 jours durant la semaine avant la compétition près de ses terres.

 

La deuxième concurrente du Havre n’est pas une inconnue. En effet, Josiane PANNIER détient depuis le mois de juin dernier la meilleure performance mondiale réalisée en 6 jours. Avec un tel palmarès, sa présence sur un 50 kilomètres pourrait paraître pour une simple formalité. Soutenue à distance par les encouragements nourris de sa fille Magali, Josiane s’est battue jusqu’au dernier tour.

 


Deux couples participaient à ces deux compétitions, Monia et Cédric DOUBLET ont déjà été présentés, puisqu’ils ont chacun terminés premier dans la catégorie sénior. Le deuxième couple n’a pas eu la même chance mais la motivation était différente. Véronique et Dominique NAUMOWICZ ont parcourus chacun 50 kilomètres. Véronique NAUMOWICZ s’est classée à la 5 ème place, mais le résultat importait peu.

Le couple roubaisien a déjà les yeux tournés vers BOUILLANTE aux Antilles où Dominique remettra son titre en jeu début décembre lors des 24 heures de Guadeloupe.

 

Lors de cette analyse, il est important de citer la présence d’un marcheur suédois,  beau marcheur en style et très à l’aise à l’approche de la ligne d’arrivée. Nous l’avions déjà vu lors des 6 jours d’Antibes et pour son retour sur le sol français,

Christer SVENSSON a parcouru les 100km de CORCIEUX sans à coup. Au fil des 50 tours de la compétition, il a su rester très régulier et durant les cinq derniers, il s’est dangereusement rapproché du leader, sans jamais le rattraper. Hors classement au championnat, il termine à la deuxième place du classement général.

 

Très bonne organisation pour ces championnats de France dans la ville de CORCIEUX où seuls quelques participants supplémentaires manquaient au départ et à l’arrivée.

Je souhaite de tout cœur que l’édition 2011 soit confiée à la ville d’ETAMPES SUR MARNE,  et dans cette hypothèse, je sais d’ores et déjà que Didier BEAUMONT mettra à profit l’année à venir pour que tout soit en place.

Le circuit proposé sera plat et l’organisation sera plus proche de PARIS, souhaitons que les marcheurs jouent le jeu et fassent le déplacement en terre picarde.

 

Petitjean.