Paris-Strasbourg 1949
Paris-Strasbourg 1949

Paris-Strasbourg 1949
Parti de Paris avec le sourire, Gilbert Roger ... ... ne l’a retrouvé qu’à Strasbourg pour le tour d’honneur du vainqueur.
Le treizième Paris-Strasbourg à la marche qui s’est terminé vendredi, pour certains : jeudi, pour le brillant vainqueur, Gilbert Roger, a été l’un des plus spectaculaires, en tout cas l’un des plus durs, depuis la création de la célèbre épreuve.
Si le vainqueur n’est pas un jeune, un novice, nombreux étaient pourtant les concurrents dont l’expérience du parcours était plus grande. On le vit bien quand Seibert, passé par Roger, à-mi course, apostropha son futur vainqueur : « Je te reverrai avant Strasbourg, ‘’petit’’ ... ».
C’était sans compter l’extraordinaire pouvoir de récupération de Roger, compter aussi sans la chaleur parfois accablante qui valut à Seibert une insolation au moment où la course entrait dans une phase décisive. Vainqueur et vaincu se retrouveront ; ils viennent en tout cas de prouver que cette épreuve était leur et ... qu’elle n’était pas dans les cordes de leurs autres rivaux.
Car derrière Roger et Seibert, les écarts sont importants, considérables même, et si la performance de Lescoublet reste remarquable pour un « plus de quarante ans » (quarante et un très exactement), il faut bien avouer que, lorsque, dès le quatrième, on constate un écart de dix heures, c’est la preuve irréfutable qu’il n’y a pas eu lutte.
C’est peut être la conception actuelle de la course qui veut que seules les supers-résistants, des champions de l’endurance, aient leur place dans Paris-Strasbourg, qui écartent les marcheurs rapides, brillants, mais plus limités. L’avenir nous dira s’il n’est pas possible et préférable de modifier le réglement de la course en la neutralisant, par exemple, pendant deux ou trois heures aux 200 kilomètres et aux 400 kilomètres. Le spectacle y gagnera sûrement ce que le mérite risque – peut-être - de perdre. Ils restera aux anciens vainqueurs, tel Roger, de pouvoir dire en parlant de ces grands anciens : « J’en étais... . »
Légende des Photos :
Photo du haut : Le départ de Paris-Strasbourg vient d’ête donné. Gilbert Roger (N°7) a le sourire.
Photo de gauche : Entouré par de nombreux suiveurs, Gilbert Roger, en tête depuis de longues heures va être victime d’une défaillance qu’il surmontra.
Les 3 photos centrales :
celle de gauche : Seibert, qui terminera second s’est couvert.
celle du milieu : Lescoublet ( N.M.P.P.) finira 3e.
celle de droite : l’un des favoris Romens se classera 4e.
Photos du bas :
celle de gauche : Peu avant Strasbourg, Roger, qui avait fourni un gros effort, n’a pu résister au sommeil. Cependant il repartira et la confortable avance qu’il possédait lui permettra de gagner.
celle de droite : sans légende.
Source : But et Club N°185 du lundi 27 juin 1949.
Documents transmis par Guy Destré